La Caisse nationale d’épargne et de prévoyance (Cnep-Banque) relance à la fin juillet le crédit achat de véhicule neuf auprès d’un concessionnaire automobile agréé.
Crédit qu’elle avait suspendu depuis le début 2005. Cela en offrant
un financement avec des taux d’intérêts annuels de 6,75% pour
l’épargnant et de 7,50% pour le nonépargnant pour un crédit de quatre
ans et de 7% pour l’épargnant et de 7,75% pour le non-épargnant pour un
crédit de 5 ans. Egalement, elle offrira un financement allant jusqu’à
90% du montant d’un véhicule compris entre 50 millions de centimes et
200 millions de centimes (en TTC), une durée de crédit de quatre ou cinq
ans, selon le choix du postulant, sans différé de remboursement, l’âge
limite étant 65 ans. Il s’agit en fait, selon le staff dirigeant de la
Cnep- Banque qui a animé hier un point de presse à l’hôtel Hilton, de se
repositionner “en tant que leader” sur ce créneau et de viser une part
de marché de l’ordre de 70%. Un “objectif réaliste et réalisable”, selon
le P-dg de cette banque, Djamel Bessa, qui a indiqué que la Cnep offre
“une quotité de financement largement supérieure à celle pratiquée sur
le marché, des taux d’intérêts (débiteurs) inférieurs à ceux appliqués
sur le marché et une limite d’âge supérieure à celle fixée ailleurs”.
“Nous sommes revenus et nous reviendrons en force”
Cela tout en laissant au consommateur “la liberté d’apprécier et de
faire son choix”, Djamel Bessa de déclarer : “Nous sommes revenus et
nous reviendrons en force”. En notant que les clients épargnants sont
privilégiés, à la condition d’avoir cumulé trois années d’épargne et un
cumulé au moins de 5 000 DA d’intérêts. Le créneau du crédit auto où la
Cnep-Banque était déjà “leader” entre 2001 et 2005, ayant octroyé 70 500
crédits pour une valeur de 35 milliards de dinars, soit une part de
marché de 55%, avec un taux d’impayés de 4%. Une position que la Cnep
veut consolider et porter à 70%, en tablant sur l’octroi de 10 000
crédits par an, pour une moyenne de 20 000 crédits l’an durant la
période 2001- 2005. En ce sens, la Cnep mettra à la disposition des
intéressés un réseau de distribution de 206 agences et de 212 d’ici la
fin de l’année. Cette banque signera, au courant de la semaine, des
conventions avec les concessionnaires automobiles, sans restriction en
fonction de la marque. Des concessionnaires qui doivent, selon Djamel
Bessa, respecter cependant “les règles du jeu” et “conditions non
rédhibitoires” notamment en matière de mise en gage du véhicule et de sa
disponibilité.
La suspension n’a pas été décidée sur “instruction”
Pour Djamel Bessa, le retour au crédit véhicule a été motivé par la
volonté de la Cnep de “satisfaire une demande de plus en plus importante
et assurer son rôle et sa mission première de banque de détail”. Une
relance rendue également possible par les ressources financières de la
banque qui compte 7 millions de clients et dispose, selon Djamel Bessa,
d’un excédent d’épargne de 6 milliards de dollars. Alors pourquoi avoir
suspendu ce crédit et pourquoi y revenir ? Y répondant, le P-dg de la
Cnep a précisé que la décision de “sortir” a été prise pour des raisons
de “stratégie commerciale” et non sur la base d’une quelconque
injonction externe. A ce propos, Djamel Bessa a affirmé qu’à “aucun
moment nous n’avons reçu une instruction de céder le marché à une
quelque autre banque, qu’elle soit privée ou publique, nationale ou
étrangère”. A vrai dire, la suspension et nonsuspension du crédit
véhicule a été décidée, selon les représentants de la Cnep, en raison de
l’absence alors de “conditions optimales de distribution et
d’exploitation” en termes de moyens humains et matériels adéquats et
pour “rebooster” le crédit hypothécaire ou crédit achat de logement.
Il fallait “rebooster le crédit hypothécaire
Ce dernier, certes, a progressé durant les quatre dernières années
et marque une tendance haussière continue mais cependant en perte de
vitesse par rapport au crédit auto. Ainsi, selon les indications de
Salim Messaoudi, directeur du crédit aux particuliers, la Cnep a, en
2003, octroyé 6500 crédits logements pour une valeur de 3,5 miliards de
dinars, en 2004 quelque 9 500 crédits pour 5,5 milliards de dinars et en
2005 un volume de 12 900 crédits pour 13,5 milliards de dinars. Cela
étant, l’objectif de relance du crédit logement a été “largement atteint
avec un taux de progression de 210% en termes de volume et de montants
financiers, selon le P-dg de la Cnep-Banque. Ce dernier a indiqué
également qu’un programme de formation adaptée des agents commerciaux et
de redéploiement et diversification du réseau d’agences a été impulsé
dans le souci d’améliorer la relation banque-clientèle ainsi que la
qualité de service.
“Financer les Hummer n’est pas notre vocation”
Pour Djamel Bessa, la Cnep a tiré les enseignements de la pratique
antérieure et “estime le moment opportun de revenir à ce créneau”, en
donnant le la à une politique de diversification de ses produits. De
fait, la Cnep s’attend à une bonne réactivité notamment celle des
classes moyennes, à revenus intermédiaires, qui constituent 72% de sa
clientèle, en leur offrant “des produits adaptés à leurs besoins, un
traitement diligent de leurs demandes et un indice de satisfaction le
plus élevé”. Cela même si il n’est pas question pour Djamel Bessa de “ne
pas oublier les extrêmes, les démunis et les fortunés”, puisque cette
banque peut également financer, à 50%, l’achat de véhicules dont le prix
est soit inférieur à 500 000 DA ou supérieur à 2 millions de dinars.
Quoique la vocation de la Cnep-Banque ne soit pas celle, selon Djamel
Bessa, de financer “l’achat de véhicules Hummer”.
“Nous accompagnons nos clients”
N’exigeant pas de la clientèle un revenu minimum, la Cnep affirme
prêter en fonction de la capacité d’endettement du postulant, le revenu
restant devant être au moins égal au niveau du SNMG. Le souci de la Cnep
étant d’éviter au postulant d’avoir à se surendetter, notamment dans le
cas de débiteurs multiples. Ainsi, elle a fixé cette capacité
d’endettement à 40%, en prenant en considération toutes les autres
échéances de crédits et en “accompagnant les postulants qui souffrent de
conditions sociales et financières difficiles”. Cela, la CNEP affirme
que dans le cas d’incidents de paiement, elle négocie et rééchelonne la
dette, en traitant à l’amiable et au cas par cas avec ce type de
clients, qui justifient de contraintes objectives, avant de recourir in
extremis aux procédures de saisie arrêt sur compte ou de la saisie, et
vente des véhicules gagés. Cela même si l’automatisation dans le
remboursement et le développement des moyens de paiement doivent
diminuer de l’intensité des incidents.
Chérif Bennaceur
Simulation : l
-Pour un crédit de 500 000 DA, sur quatre ans et un taux d’intérêt de
6,75%, l’épargnant paie une mensualité de 12 393,34 DA. Pour le même
crédit, sur cinq ans et un taux d’intérêt de 7%, l’épargnant paie 10
396,43 DA. Dans le cas du non-épargnant, il paie une mensualité de 12
620,70 DA pour un crédit de 500 000 DA sur 4 ans et un taux d’intérêt de
7,50%. Le non-épargnant paie une mensualité de 10 627,44 DA pour le même
crédit sur 5 ans et au taux de 7,75%.
- Dans le cas d’un crédit de 1 million de dinars, l’épargnant paie 24
786,68 DA ou 20 792,87 DA selon la durée du crédit et le taux
correspondant. Quant au non-épargnant, la mensualité varie de 25 241,40
DA à 21 254,88 DA selon la durée du crédit et le taux correspondant.
C. B.
Modalités pratiques :
- Le demandeur du crédit véhicule doit disposer d’un revenu permanent
et d’un apport personnel requis, sans possibilité de codébition (entre
conjoints).
- La Cnep peut financer l’achat du véhicule à 90% selon le revenu du
demandeur et du prix du véhicule (entre 500 000 DA et 2 millions DA
TTC). Elle finance également à 50% les véhicules dont le prix ne dépasse
pas les 500 000 DA ou est supérieur à 2 millions de dinars.
- La durée du crédit n’est pas figée, elle est de quatre ou cinq ans,
selon le choix du postulant, sans différé de remboursement. Le
remboursement anticipé est autorisé sur le capital restant du crédit et
sans indemnité de réemploi.
- Pour un crédit de 4 ans, le taux d’intérêt est de 6,75% pour
l’épargnant (livret épargne logement ou livret épargne placement) et de
7,50% pour le non-épargnant. Pour un crédit de 5 ans, ce taux est
respectivement de 7% et de 7,75%.
- La capacité d’endettement ne doit pas dépasser 40% du revenu mensuel
net de l’emprunteur, en déduisant toutes les échéances éventuelles
d’autres crédits contractés auprès de la Cnep ou autres banques.
- Le dossier de demande de crédit est simplifié. Il comporte une demande
de crédit (un imprimé Cnep-Banque), une facture pro forma, un extrait de
naissance, une photocopie de la pièce d’identité et un certificat de
résidence. Le postulant doit justifier son revenu en présentant
uniquement un relevé de ses émoluments.
- La banque répond à la demande de crédit dans un délai maximum de 3
jours à compter de la date du dépôt du dossier complet.
- L’emprunteur doit souscrire une assurance tous risques durant toute la
durée du crédit. Il s’engage aussi à mettre le véhicule en gage auprès
de la Cnep.
- Le remboursement du crédit s’effectue de trois manières différentes :
• en prélevant sur le compte chèque de l’emprunteur ouvert auprès de la
Cnep où le salaire doit être obligatoirement domicilié ;
• en prélevant automatiquement sur un compte CCP au cas où le salaire de
l’emprunteur est domicilié à la poste ;
• soit que l’emprunteur autorise sa banque où il est domicilié à
effectuer un ordre de virement permanent auprès de la Cnep-Banque.
C. B.
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