Le cybercafé est devenu par la force des choses un lieu privilégié pour les jeunes de la ville de Draâ-El-Mizan. En effet, ces lieux “européens et canadiens”, juste la durée de navigation sur le Net, permettent à ces milliers de jeunes d’oublier leur difficile et monotone quotidien. Ils leur offrent l’unique échappatoire au dégoût et à la malvie. Il n’est pas facile de s’installer dès la première tentative devant un poste (micro-ordinateur) en se rendant dans un cyber sans attendre son tour qui dure en moyenne une dizaine de minutes afin de pouvoir se connecter car, dès les premières heures d’ouverture, les cybers sont pris d’assaut par cette frange de la société assoiffée pour les uns de passe-temps et pour les autres d’éventuelles rencontres avec le sexe opposé qui leur permettront de rejoindre ce qu’ils appellent le paradis d’outre-mer. Draâ-El- Mizan, à l’instar des autres villes du pays, souffre du manque criant de moyens de distraction et d’activités culturelles ; c’est la raison essentielle qui pousse ces jeunes à tomber sous le charme du Net et donc attirés par ce plaisir payable. Pour connaître les desseins des uns et des autres, nous nous sommes rendus dans quatre de ces lieux de “détente” et là nous avons été agréablement surpris par la présence de toutes les tranches d’âge de la société (de 8 à 60 ans) comprenant des enfants, des étudiants, des cadres, des enseignants, etc. A la question de savoir l’objet de la fréquentation de ces cybers, ces internautes répondent différemment : certains sont là pour des téléchargements d’informations, de logiciels ou de tubes de musique, d’autres, par contre, à l’image du jeune Krimo obsédé par le Canada, rêvant de quitter le pays à travers le moyen de la “tchatche” qui a souvent permis à plusieurs personnes de la localité de tisser des liens très forts avec d’autres surfistes pour ensuite, s’unir pour le meilleur et pour le pire. Il est à signaler que les gérants de ces cybers ont un point commun qui est le bon accueil, un bon aménagement des lieux (la clim, le confort, le haut débit...). “Je dois mettre à la disposition de mes clients toutes les commodités afin qu’ils se sentent à l’aise et les fidéliser”, nous dit Rachid, un ingénieur en informatique, propriétaire d’un cybercafé. Slimane S.
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