Dimanche 05 Aout 2007
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Régions : TIZI-OUZOU
Le SOS d'un handicapé d'Illoula-Ou-Malou


Le jeune Fergani Yazid avait 13 ans à peine quand il fut heurté de plein fouet par l’ autobus de transport scolaire de l’APC d’Illoula-Ou-Malou le 27 février 1989 vers 7h 30 alors qu’il attendait paisiblement, cartable à la main, de se rendre au CEM de Tabouda avec ses camarades, adossé au mur mitoyen avec l’abribus du village Mezguène.
Outre un traumatisme crânien de plusieurs jours avec perte de connaissance (le mur de pierre sur lequel il était adossé a été réduit en miettes suite au choc), il fut amputé du bras droit au quart supérieur, du bras gauche au quart supérieur et de la jambe droite au tiers supérieur et traité durant douze mois au CHU de Tizi- Ouzou et à Tixeraïne. Le rapport d’expertise médicale établi le 25 mars 1991 à l’effet d’évaluer la durée de l’incapacité générale de travail et le taux d’incapacité permanente, le pretium doloris et toutes suites dommageables a conclu à la subsistance à cette date d’une IPP évaluée à 100 % avec assistance d’une tierce personne pour l’alimentation, l’habillage , le déshabillage et les besoins naturels, le préjudice esthétique à 7/7, l’attribution d’un pretium doloris à 7/7 et conclut dans son rapport au souhait d’envisager une rente mensuelle à la victime vu l’état irréversible et irrémédiable des séquelles . Mais c’était compter sans l’acharnement de la Société algérienne d’assurances qui a réussi à casser le jugement rendu par le tribunal d’Azazga qui fixa à 25 millions de centimes le montant des dommages dus à la victime pour le ramener à 155 000 DA (15 millions et demi de centimes) alors que la Cour suprême a jugé irrecevable le pourvoi en cassation. Cela, sans aucune pension mensuelle ni assistance d’une tierce personne. Orphelin de père et de mère voilà déjà quelques années, victime qui a aujourd’hui 31 ans, marié et père de 2 enfants vit aux crochets de sa femme employée vacataire à l’APC d’Illoula . Fergani Yazid qui a encore la foi en son pays , lance un véritable appel de détresse aux plus hautes autorités du pays en vue de se pencher sur son cas. Ballotté dans ses démarches d’une institution à une autre, il espère trouver une oreille attentive auprès du ministère de la Solidarité, son ultime chance, croit-il. «Sous d’autres cieux pour un ongle arraché, il aurait eu droit à plus de considération» ironise un de ses proches. Les yeux pétillants de vie, Yazid, qui n’aime pas trop revenir sur son drame confie que le jour de son accident, il était déterminé à réaliser de bonnes études. Il en était à réviser mentalement, ses mathématiques quand le véhicule le plaqua au mur avec un des camarades qui a été lui aussi amputé d’une jambe. Il voulait devenir un cadre pour servir son pays. Son pays le lui rend bien en le laissant à ses souffrances physiques et morales.
S. Hammoum

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