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Les jeunes ne connaissent pas Belaïd Abdesselam
Les jeunes ont de la chance !
Voilà ce que c’est que de ne pas prévoir de centres de prise en charge
spécialisés des vieux politiques grabataires. Lâchés dans la nature, livrés à
eux-mêmes et, forcément à nous aussi qui ne leur avons rien fait, ils commettent
des actes dangereux, extrêmement dangereux. Parmi les actes dangereux que ces
vieux hommes politiques sans camisole commettent, celui d’écrire, celui de
donner des interviews ou encore celui d’envoyer des mises au point. Ce genre de
choses n’arriverait pas si l’Etat, dans sa politique sanitaire, dans sa
politique de protection sociale et dans sa politique de sécurité publique
procédait tout simplement à l’internement encadré de ces malades. L’Algérie est
un pays assez grand et assez riche pour y construire des structures habilitées à
abriter nos vieillards séniles. Ces centres, pour reprendre la bonne formule du
président de la République ne doivent pas, au plan architectural, ressembler à
des casernes aux lignes amorphes et tristes. Non ! A nos politiques grabataires,
nous pouvons tout de même offrir un cadre agréable, un parc verdoyant, mais pas
trop vert pour éviter de leur rappeler leur ennemi juré, l’ANP, des arbres aux
branches assez hautes pour qu’ils n’aient pas la tentation de s’y pendre, des
allées de gravillons assez fin pour qu’ils ne bombardent pas avec les gardes
champêtres qu’ils confondraient avec des généraux à la retraite et un mur
d’enceinte assez discret pour qu’ils ne le prennent pas pour le mur de Berlin.
Ces centres de repos éternel pourraient, la cerise sur le gâteau pour nos
politiques séniles, être dotés d’une galerie des glaces, un peu à l’image du
château de Versailles. Ainsi, nos pensionnaires pourraient à loisir s’y mirer et
s’y admirer. Bien sûr, il faudrait que ces glaces soient vachement déformantes
afin d’atténuer les effets dévastateurs de l’âge et des crises d’hystérie, de
schizophrénie et de paranoïa. Sans cela, sans ces précautions, le risque serait
toujours là. Le risque de voir nos vieux hommes politiques grabataires se
remettre de nouveau à l’écriture. Et cela, bien sûr, nous ne le voulons pas,
n’est-ce pas ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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