
Périscoop : BAZOOKA La louange critique PAR MOHAMED BOUHAMIDI mbouhamidi2001@yahoo.fr
La presse est revenue sur les prestations présidentielles à Oran. Avis unanime : le président ne s’en laisse pas conter. Il a l’œil et le bon. Dans les articles, on souligne la jubilation du petit peuple. Les gens adorent, en effet, les savons passés aux responsables locaux ou centraux. Cela ne vous rappelle rien de votre vie professionnelle quand un haut responsable tançait le supérieur direct du petit personnel ? Cela provoquait satisfaction. Les commentaires allaient bon train, notamment celui qui relevait que le haut responsable «avait avili» le chef direct. «Rakhsou !» Et cela s’arrêtait là. Ce mécanisme de la satisfaction par le rabaissement est bien un mécanisme social, il correspond bien à un type de société, la société patriarcale, où la responsabilité demeure du ressort exclusif du chef pas de la délégation populaire ou citoyenne. Cela montre à quel point l’idée de démocratie peine à se frayer son chemin dans nos consciences. Ce mécanisme, le président, le connaît bien, selon toutes les apparences. Et il fonctionne bien. Alors pourquoi ces articles de presse qui se veulent ouvertement laudateurs reviennent sur la question ? Bien sûr, ces articles visent à convaincre le lecteur quand la démarche du président ne repose pas sur l’exploitation du vieux mythe du bon calife mais relève d’une méthode de travail, d’une perspicacité du chef qui sait voir la réalité au-delà des leurres fabriqués par les responsables centraux ou locaux. Mais en même temps ces articles répètent que le président ne veut plus inaugurer des réalisations déjà inaugurées, des réalisations déjà en service ; ne veut plus inaugurer des bouts d’autoroute ou des trémies. Ils finissent par en arriver à ce constat que la morale d’Etat et l’éthique politique manquent à nos ministres qui auraient dû démissionner. Et que le président ne les limoge pas non plus parce que… il n’a pas de personnel de rechange. Mais alors, c’est l’impasse ? Mais alors, c’est la crise ? Car de deux choses l’une. Ou bien ces articles expriment la crainte que ce mécanisme s’use et devienne contre-productif ce qui dément tout génie politique. Ou alors le président n’a réellement pas de solution. Dans les deux cas, cette façon de gérer montrera tôt ou tard ses limites. La louange n’arrive pas à réprimer la peur de l’échec et le dépit de la critique. L’aveu, dans ce cas, pèse lourd. M. B.
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