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Casse-tête au dîner offert par Abdekka en l’honneur du
Président iranien. Belkhadem ne savait pas de quel…
…côté de la table s’asseoir !
On aurait presque discerné des accents de «errechka » dans la voix du
Président iranien lorsqu’il lançait à Abdekka : «Les Chinois demandent
tant pour vous construire 1 million de logements ? Eh bien nous, les
Iraniens, nous vous construisons le double, 2 millions pour moins cher,
ça va ?» Après cette hallucinante tirade, j’ai fermé les yeux un
instant, j’ai rentré ma tête dans mes épaules et je m’attendais à tout
instant à un renchérissement de la part de Ahmadinejad : «Ça ne vous
tente toujours pas ? Eh bien, je double la mise. 4 millions de logements
pour le prix d’un million et je câble gratuitement tous les immeubles à
la chaîne Al Manar !» Ben dis donc ! Qu’est-ce qu’on est devenus copains
avec les ayatollahs ! Ce n’est plus de l’amour, c’est de la rage
radioactive. Faut dire qu’on nous aime en ce moment. Un tas de gens nous
aime subitement. Des gens qui n’osaient même pas zyeuter du côté de chez
nous lorsque nos villes et villages brûlaient et nos commissariats et
cités populaires sautaient au nom d’Allah. Eh bien, nous, pas rancuniers
pour un dinar, nous avons passé l’éponge sur le marbre de nos tombes et
nous attendons nos nouveaux amis au bas des passerelles d’avions, des
fleurs, du leben et des dattes à la main. Un véritable défilé
d’enturbannés. Un déluge de dollars. Un tsunami de «oukhouya» retrouvé.
Le moindre cheikh qui se pointe et c’est tout ce que compte ce pays
comme responsables qui s’aligne en rangs d’oignons sur le tarmac, la
joue et les lèvres prêtes à l’emploi. Faut croire que c’est cela le
réalisme en politique et en économie. Faut croire qu’il n’y a plus
aucune «barrière bureaucratique» pour empêcher que tout un littoral et
une flopée de ports, dont certains stratégiquement sensibles soient
vendus en quelques heures à peine. Reste que tous les réalismes du
moment ne pourront me faire avaler cette photo. Cette photo barrant
plusieurs unes de vos journaux. Cette photo de deux mains enserrées,
jointes, soudées et presque indécollables. L’une de ces mains
appartient, sans discussion possible à un intégriste notoire, un homme
dont le pays voulait gommer l’algérianité de mon pays à moi. L’autre
main est celle d’un homme dont certains de mes amis tentent aujourd’hui
encore de me convaincre qu’il ne s’agit pas d’un islamiste. Je fume du
thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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