|
Football. Algérie-Brésil se jouera finalement à Montpellier.
Ouf ! J’ai eu peur. Un moment, j’ai cru que le match allait
se dérouler à …
…Oran
L’idée m’est venue après avoir lu la lettre d’un fidèle du Soir d’Algérie,
Nouredine. Il réagissait à la missive de Zerhouni aux M.I., les Mal-Inscrits. Eh
oui ! Nouredine a raison. Le lecteur bien sûr, pas l’autre Nouredine ! Puisqu’on
en est à envoyer du courrier en masse, à des millions d’Algériens, pourquoi ne
pas y aller franco et imaginer, par exemple, une autre lettre recommandée aux…
harragas ? «Bonjour monsieur ! Nous sommes du ministère de l’Intérieur. Nous
voudrions savoir pourquoi vous montez à bord de coquilles de noix, des
embarcations faites de bouts de ficelle elle-même bouffée par les mites et vous
vous aventurez à atteindre les côtes étrangères ?» On pourrait multiplier à
l’envi les questions aux candidats à la fuite. Du genre, savez-vous nager ? Si
non, pourquoi ne pas avoir appris avant d’embarquer ? Ou encore «avez-vous votre
brevet de sauvetage, au cas où ?» Bien sûr, comme dirait Nouredine, l’autre, le
ministre, pas mon lecteur, il ne s’agit pas de ficher les harragas, mais juste
d’éviter le phénomène des mal-embarqués, de faire en sorte que ces désespérés
soient inscrits dans leur bon port de résidence. Bien sûr. Évidemment. Honni
soit qui mal y pense ! N’empêche que je crois déceler des relents ethnologiques
dans cette démarche épistolaire. J’ai l’impression de voir des découvreurs, le
casque colonial sur la tête, le short au genou, les godasses de marche
surmontées sur leur revers par une bonne grosse paire de chaussettes en coton et
un calepin Rhodia à la main, notant tout ce qu’ils voient et tout ce qu’ils
entendent sortir de la bouche de peuplades inconnues, pour, ensuite, en tirer
des récits de voyage Banania. Je suis excessif ? Pas plus que ce régime qui
donne l’impression de découvrir, au bout de 45 ans de «gestion», que 4 millions
de ses administrés ne résident pas dans la bonne commune ! Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
|