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«2 pages du Soir d’Algérie de samedi dernier ont été écrites
par Bélaïd Abdesselam”.
Toutes mes excuses aux lectrices et aux lecteurs !
Pas de répit pour le mot «mystère» en Algérie. Quelques jours seulement après
la mystérieuse vague de Mostaganem, quelques mois à peine après le mystérieux
serpent d’El-Harrach, revoilà une ancienne connaissance, la récidiviste maladie
mystérieuse de Sidi-Bel-Abbès. Des habitants de cette région souffriraient,
selon la chronique locale d’un mal mystérieux apparaissant généralement sous la
forme d’une hypertrophie néphrotique. Le même mal qui avait frappé toute une
famille l’année dernière déjà…à Sidi-Bel-Abbès. Et l’an dernier…déjà, la
chronique locale, les autorités locales et les autorités nationales nous avaient
informés qu’une commission d’experts avait été envoyée d’Alger pour enquêter sur
place, à Bel-Abbès. Apparemment fort épais, le mal mystérieux de la Mekkera a
résisté aux investigations de la première commission d’enquête. Vicelard au
diable et vachelard au possible, il se serait manifesté de nouveau, cet été,
afin de tester les aptitudes d’une nouvelle mission d’experts dépêchée de la
capitale, pour ne pas changer ! Bizarre tout de même comme toute séquence de vie
dans ce pays devient sujette à mystère. On bouffe à 300 dans un mariage à
Bordj-Bou-Arreridj, par 40° à l’ombre, et l’on est aussitôt victime d’une
mystérieuse intoxication alimentaire. Tout un village boit l’eau d’un puits, et
c’est tout le village ou presque qui souffre d’une mystérieuse épidémie. On se
baigne dans un étang saumâtre, et ce sont tous les baigneurs qui se réveillent
le lendemain avec la peau bouffée par de mystérieux eczémas. J’en arrive à
fantasmer. Un fantasme des plus basics : dans un village d’Algérie, des citoyens
souffrent brutalement de coliques et de diarrhées. Et le médecin du dispensaire
local, calmement, sans alerter Alger et l’OMS, sans appeler le taleb local
diagnostique un foyer de diphtérie. Le directeur de la santé dont le patelin
dépend, sans ameuter Alger, sans réveiller en pleine nuit le secrétaire général
de l’ONU mettrait en branle la procédure prévue dans ce cas de figure et
déciderait comme un grand des mesures urgentes à prendre. Et il n’y aurait aucun
mystère là où il ne doit pas y en avoir. Il n’y aurait que de la gestion saine,
raisonnable et raisonnée de problèmes quotidiens de santé. Mais bien évidemment,
vous l’aurez deviné, il ne s’agit là que d’un fantasme. Je fume du thé (encore
un mystère) et je reste éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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