
Actualités : BELKHADEM A PROPOS DE L'ABSENCE DU PRÉSIDENT "Bouteflika travaille chez lui"
Abdelaziz Bouteflika “refait surface”. Après une éclipse de près d’un mois, le patron du palais d’El-Mouradia a repris du service, hier mardi, mettant ainsi fin à de folles rumeurs allant jusqu’à évoquer son décès. Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Bouteflika s’était donc rendu au
domicile mortuaire de feu le général major Smaïn Lamari, le patron de la
sécurité intérieure, décédé dans la nuit de lundi à mardi. Hier encore
dans la matinée, Bouteflika recevait successivement le nouvel
ambassadeur de Grande-Bretagne et l’ambassadeur partant de l’Italie.
Suffisamment d’activités en tout cas pour que Bouteflika permette à son
chef du gouvernement d’animer sa conférence de presse en position de
force. Hier en fin de matinée, c’était en effet un Belkhadem offensif
qui a eu à s’exprimer à “propos des rumeurs”. Se sachant très attendu
sur la question, Belkhadem annoncera d’emblée : “Avant d’aborder la
question qui vous taraude tous, je veux parler des rumeurs et de la
hausse des prix, je vais commencer par vous donner un petit exposé sur
l’état général de l’économie nationale”. Et en fait de “petit exposé”,
c’est un véritable exposé de politique générale que Belkhadem étalera,
en un peu plus d’une heure de temps ! comme il l’avait déjà fait en juin
à l’APN et au Sénat, Belkhadem s’élancera inlassablement, dans une
rafale de chiffres qui balaya tout le règne de Bouteflika. Depuis 1999 !
C’était à croire qu’avant de venir “rassurer les Algériens” sur l’état
de santé de leur président, c’était lui-même qui venait d’être rassuré !
Voilà, en effet, comment Belkhadem expliquera l’absence de Bouteflika.
“Le président se porte très bien. Il n’est ni en congé ni en
convalescence. Il est chez lui. Il travaille”. Relancé sur la question,
il redouble de férocité “comme chaque été, ce ne sont que des rumeurs.
L’état de santé du président de la République ne prête à aucune
inquiétude. Il travaille. Oui, il travaille. Quand il apparaît, on se
plaint de ce qu’il occupe trop la télévision, il n’apparaît pas on le
plaint aussi ! Non, il travaille et aujourd’hui, vous allez le voir !”.
Euphorique, le chef du gouvernement écarte catégoriquement tout risque
d’explosion sociale à la rentrée. “Je ne vois pas pourquoi l’on prévoit
un tel scénario catastrophe à chaque rentrée sociale”. Se voulant
rassurant, il annonce que l’Etat continue de soutenir les prix des
produits importés de première nécessité “bien que sur le marché mondial,
le prix du lait a quadruplé et celui du blé a doublé en seulement une
année”, s’agissant de la pomme de terre, “l’Etat prévoit d’en importer
100 000 tonnes d’ici octobre”. Et pour maintenir les prix à des niveaux
raisonnables, des mesures musclées sont prévues à l’encontre des
spéculateurs. “Nous avons la liste exhaustive de toutes les chambres
froides à l’échelle nationale. Les walis ont été saisis pour procéder à
des contrôles rigoureux. Au besoin, nos procéderons à des réquisitions”.
Quant au pouvoir d’achat d’une manière générale, Belkhadem n’écarte pas
l’éventualité de revoir la grille des salaires lors d’une bipartite avec
l’UGTA qu’il annonce pour début septembre.
Boukerzaza, porte-parole du gouvernement
La conférence de presse de Belkhadem, hier à Djenane El Mithak, a été
préparée par le ministre de la Communication , Abderrachid Boukerzaza.
Un nouveau rôle pour le ministre du secteur que Belkhadem confirmait
hier. “Dorénavant, au lendemain de chacun de nos conseils du
gouvernement, vous aurez une rencontre avec le ministre de la
Communication, accompagné à chaque fois du ministre qui aura exposé un
dossier au-dit conseil”.
K. A.
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