
Régions : SON FILS A ETE TUE PAR DES VIGILES DANS UN HÔTEL A BEJAIA La douleur d'un père
Les vacances n’apportent pas que bonheur et détente, il arrive qu’elles apportent aussi deuil et désolation. C’est ce qui s’est passé il y a quelques jours chez la famille Keskès, dans la région de Melbou, wilaya de Béjaïa. Venu en famille passer quelques jours de vacances à l’hôtel El Djorf de Melbou, comme il le faisait régulièrement depuis une vingtaine d’années, Keskès Saâd ne se doutait pas que son séjour estival allait se transformer en un immense deuil. Le malheureux perdra son fils, âgé de 20 ans, tué par les vigiles de l’hôtel. “Nous sommes des clients de cet hôtel depuis plusieurs années et jamais je n’aurai imaginé vivre des moments insoutenables. C’était le 18 août dernier. Après le dîner, vers 23 h, mon fils Amar âgé de 20 ans s’est dirigé vers la salle de jeux de l’hôtel avec ses amis. A l’entrée de ladite salle, un vigile lui a interdit l’accès sous prétexte qu’il était minuit, c’est-à-dire l’heure de la fermeture. Ne voulant pas trop insister, Amar fait demi-tour et s’éloigne, mais le vigile ne l’entendait pas de cette oreille. Il commença à l’insulter et lui dire des obscénités. Mon fils, touché dans sa dignité, répliqua à son tour et s’ensuit une bagarre. Voyant que mon fils avait pris le dessus sur son agresseur, deux autres vigiles se mêlèrent en prêtant main-forte à leur collègue. Même ceinturé et plaqué par terre, Amar se débattait toujours. Le premier vigile se dirigea alors vers le poste de garde pour revenir avec un couteau suisse. Sans aucune hésitation, il plantera le couteau dans le cœur de Amar, puis un autre coup violent lui sera asséné par un autre vigile dans la nuque à l’aide d’un grand morceau en bois. Malgré ses blessures graves, mon fils trouva le courage de sortir de l’hôtel. Malheureusement, il s’écroulera à quelques mètres de l’établissement. C’est là qu’il rendra l’âme sous les yeux hébétés des vacanciers et des habitants de la cité mitoyenne à l’hôtel. Alertés, les gendarmes entament une enquête. Les trois vigiles seront appréhendés. Présentés au parquet, ils seront placés sous mandat de dépôt en attendant la fin de l’instruction. C’était un meurtre gratuit et prémédité. Si mon fils a réellement fait quelque chose de mal, les vigiles auraient pu alerter la Gendarmerie nationale qui avait un poste à l’intérieur même du complexe. Mon fils était un client de l’hôtel et le rôle de ces vigiles est, en principe, de veiller à la sécurité des clients et non pas de les agresser et les assassiner comme ce fut le cas pour mon fils. Ces vigiles, ou plutôt ces videurs n’ont rien à voir avec le tourisme. Dans cette affaire, la responsabilité de l’hôtel est entièrement engagée. Non seulement il y a eu crime mais aussi non-assistance à personne en danger. “C’est malheureux de voir ce genre de situation dramatique dans cet hôtel de surcroît familial. A cet effet, je tiens à lancer un appel aux responsables du tourisme afin d’intervenir pour que ce genre de drame ne se reproduise plus et assainir ce secteur”, dira le père de la victime. I. S.
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