Lundi 10 septembre 2007
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Périscoop : BAZOOKA
Pirouettes politiques
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Les manifestations d’hier ont-elles une signification ? Il est facile au gouvernement, plus trois partis au pouvoir, plus Louisa Hanoune, plus l’UGTA de remplir une salle à Alger avec les moyens que vous savez et l’effet réel de l’émotion. En refusant ou en oubliant d’associer l’opposition à ces manifestations, le pouvoir dévoile le fond de sa politique et de sa méthode.
Il lui fallait désigner par le creux, par le négatif, cet autre extrémisme dont il parle et que personne ne connaît : l’opposition laïque et presque toute l’opposition est laïque pour la simple raison que ses programmes ne font pas appel à la doctrine religieuse pour proposer la lutte contre le chômage, la précarité, pour l’emploi et la santé, pour le logement et l’éducation, pour arrêter la casse de l’industrie et de l’agriculture, pour faire repartir l’économie. Mais il ne peut l’associer non plus car il l’a privée de parole et de médias lourds pendant la campagne pour la charte de la réconciliation. Non pas que l’opposition était contre la paix – aucun parti algérien ne s’est opposé au retour négocié de la paix – mais contre la méthode choisie par le pouvoir. Et de nombreuses voix autorisées, des voix d’experts et des voix de leaders politiques avaient expliqué un mécanisme très simple : la méthode utilisée allait contre les buts proclamés, les ruinait. Pour cette simple remarque, ils ont été accusés de tous les maux. Difficile pour le pouvoir, sans reconnaître sa fuite en avant, de les associer à un effort national salutaire mais vain sans une mobilisation générale. Mais le pouvoir ne pouvait non plus les associer car son véritable objectif n’était pas de mettre l’Algérie debout contre le terrorisme mais de soutenir le président. Saïd Sadi a déjà dit que le pouvoir veut sauver le système alors qu’il s’agit de – et que nous voulons – sauver l’Algérie. Une alliance nationale contre le terrorisme implique, c’est évident, des règles claires de la vie politique nationale, la lutte résolue contre la corruption et la prédation qui gangrènent le pouvoir, le respect de la société et du peuple et de leurs droits fondamentaux à s’organiser en syndicats libres et autonomes, l’obligation de rendre des comptes dans la gestion de l’argent public. Autant demander au pouvoir de se suicider sans jeu de mots. Voilà pourquoi ces manifestations apparaissent comme une dérisoire pirouette politique face aux graves dangers qui menacent l’Algérie en tant que nation et société.
M. B.

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