L’appel de l’administration de la wilaya de Boumerdès à un rassemblement populaire a été un échec évident. Organisé hier, quelques jours après la tuerie de Batna et au lendemain du carnage de Dellys à l’appel du pouvoir, le rassemblement de la wilaya de l’ex- Rocher-Noir, cible d’un attentat suicide qui, rappelons-le, a fait plus de 34 tués et une soixantaine de blessés, pour justement dénoncer le terrorisme mais surtout obtenir un soutien populaire au régime, à sa tête le président Bouteflika et sa politique de réconciliation et d’impunité à l’endroit des islamistes, n’a pas drainé les foules escomptées. Et pour cause, la mobilisation populaire n’était pas au rendez-vous. La durée de ce meeting n’avait pas excédé les quinze minutes. La foule, composée en grande majorité de fonctionnaires, évaluée à environ 500 personnes, se pressait dans la salle omnisports de la ville de l’ex- Rocher-Noir où l’on notait également la présence du député du MSP, quelques P/APC du FLN et du RND, des élus du FLN et du RND aux APC et à l’APW, des responsables de l’UGTA et des directeurs exécutifs de la wilaya de Boumerdès. En bref, la composante du pouvoir local auquel se sont joints quelques membres d’associations qui émargent habituellement dans le budget de l’Etat. Le coordinateur des associations se disant soutenir le programme présidentiel a été le premier à intervenir brièvement. Il s’est contenté de répéter les slogans dénonçant le terrorisme et favorables au président de la République et son programme politique, notamment celui se rapportant à la réconciliation nationale. Hamidou, connu pour être un chef de service à la Direction de la culture de la wilaya, a été le second à intervenir pour réitérer le même discours et les mêmes slogans. Ce dernier, secondé par un autre orateur, a utilisé le mot d’ordre cher aux démocrates «Djazaïr horra démocratia !» pour tenter de chauffer la salle. Visiblement, l’adhésion de la foule faisait défaut. Une partie de celle-ci était en effet présente dans ce rassemblement par nécessité L’autre partie composée essentiellement d’apparatchiks forgés uniquement par la lutte et les intrigues pour l’acquisition d’une partie du pouvoir local n’a jamais été le catalyseur d’une quelconque colère populaire. D’aucuns ne peuvent dès lors que s’interroger : comment se fait-il que dans une wilaya touchée quotidiennement par le terrorisme, qui plus est vient de vivre le plus violent attentat suicide de son histoire, en sus, selon les statistiques fournies à l’époque par l’administration, avait voté favorablement pour le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale à plus de 98%, n’arrive pas à mobiliser un millier de personnes pour dénoncer le mal fait à cette région par les terroristes ? Est-ce la population qui ne se sent pas concernée ? Sûrement pas. Parce que c’est elle qui subit les exactions. Malheureusement, il n’y a pas lieu de se réjouir de cet échec. Parce que, en face, les forces du mal mettront les bouchées doubles pour exploiter ces défaillances afin d’élargir davantage le fossé qui sépare les institutions de l’Etat et la population. Abachi L.
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