Lundi 10 septembre 2007
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DIALOGUE AVEC MES PIEDS !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Le président bientôt en visite dans le sud du pays.» 

Ohé ! Y a quelqu’un ?

C’est tout de même rassurant ! Savoir que vous pouvez encore contrôler quelque chose, que vous êtes en mesure de donner des ordres à une partie de vous, ça apaise l’esprit. Et hier, par une journée qui hésitait entre l’automne et les miasmes d’été, j’ai ordonné fermement à mes pieds et à mes jambes de ne pas aller aux rassemblements contre le terrorisme et pour la réconciliation. «Non ! Ai-je dit à mes guibolles ! Vous ne marcherez pas !» Interloqués, stoppés net, mes membres inférieurs m’ont regardé par le trou de la chaussette sans vraiment comprendre. Pédagogue avec les autres, je ne voyais pas de raison majeure de ne pas l’être avec mes propres pieds. J’ai donc patiemment expliqué le pourquoi du comment de cette interdiction : «Chères guibolles qui me portez tous les jours vaillamment, et Dieu sait que c’est là une très lourde tâche, en être se targuant d’être toujours empreint d’un peu de logique, je ne peux pas vous laisser marcher pour dénoncer le terrorisme et, dans le même temps, pour soutenir celui qui libère plus de 3000 tangos. Ça ne correspondrait pas à mon mécanisme de pensée. Et dans le mécanisme de pensée qui vous commande ô fidèles guibolles, celui qui libère des diplômés en chimie et qui bafouille ensuite devant les micros et les caméras «qu’il ne comprend pas que l’on s’en prenne à lui, l’homme de paix», celui-là ne mérite pas que mes pieds s’usent le durillon à le soutenir. A l’origine du raffut, du problème, il y a lui, lui et encore lui ! Si, très chers pieds, vous voulez marcher pour dénoncer quelque chose, allez ! Courez ! Volez au-dessus du pavé et dénoncez celui qui a ouvert la cage aux drôles d’oiseaux qui font boum. L’avantage avec mes guibolles, c’est qu’elles peuvent penser un instant qu’avec l’âge, je suis devenu un peu casse-pieds, mais en dernière instance, au moment de lasser les chaussures, elles se rangent toutes les deux de mon côté. Ce qui est tout de même plus pratique pour la locomotion. Elles m’ont donc obéi. Tout en manifestant quand même, sous la forme de fourmillements, leur impatience de marcher enfin aux côtés de milliers d’autres pieds et de jambes pour dénoncer le vrai détonateur des derniers attentats, celui que l’on croit être la cible mais qui est derrière tout ça. Un homme dont le nom de code serait «La Main d’Ici». Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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  Éxclusif : HADJERES AU “SOIR D’ALGERIE”

«Réhabiliter ensemble la fonction noble du politique, la construction de solutions de paix et de mieux-être, acceptables et vivables pour la majorité»

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