Si vous ne saviez pas que le pouvoir avait donné de l’argent aux collectivités locales, l’ENTV a pallié, avant-hier, vos carences politiques. Le JT s’est longuement attardé sur les détails des milliards affectés à ceci et tant de milliards affectés à cela : une vraie réjouissance pour les oreilles, ces milliards qui crissent et qui glissent. Comme je suis rétif aux chiffres du pouvoir, je me suis demandé : ces milliards-là sont en principe dans la loi de finances. Bouteflika ne va pas s’amuser à distribuer cet argent en dehors du cadre, du seul cadre légal, qu’est la loi de finances. Bon, pour les zaouïas, je comprends. Quand il s’agit de se rapprocher de Dieu on peut écorcher ses enseignements, la morale et la loi. Ainsi, on peut tricher et frauder aux élections et se dire parti islamique et grand musulman devant… l’Eternel. Mais là il ne s’agit pas de zaouïas mais de simples structures séculières, des wilayas et des communes. Donc, je vous disais ou cet argent était inscrit dans la loi de finances, et ce n’était pas la peine de réchauffer le plat, ou il est à inscrire dans la prochaine loi de finances, et l’exercice tourne à la parodie du berrah. Mai tant d’insistance à nous dire : «Voilà l’argent qu’on vous donne, tant par-ci, tant par-là ! Que voulez-vous de plus ? Où allez-vous dans vos exigences ? Tous ces biens ne vous suffisent pas ?» L’exercice publicitaire a pourtant bien fonctionné en 2004 à la veille de la campagne présidentielle. Bouteflika avait déversé l’argent à flots continus et cela avait marché. Les gens naïfs avaient cru que ces milliards allaient relancer l’économie locale, qu’ils recevraient dans leurs poches quelques-unes de leurs retombées. Rien, niet, makache ! L’argent a disparu dans les éternels chantiers de rénovation des trottoirs, dans les chantiers fictifs de la mise en valeur des terres et de la steppe, dans les surfacturations phénoménales de tous les travaux, de tous les équipements y compris et surtout dans ceux du barrage de Béni Haroun sans que les compétences techniques nationales y soient pour quelque chose. Deux ans et demi après les élections et cette manne, les citoyens roulés dans la farine ne croient plus au miracle de ces chiffres. La tentative d’acheter l’adhésion des citoyens à la personne du président risque de tourner court. La ficelle est trop usée. M. B.
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