Actualités : SONATRACH VA-T-ELLE ENTRER DANS LE CAPITAL DE CEPSA ?
Une information en attente de confirmation


La compagnie nationale Sonatrach a, selon le quotidien espagnol El Economista, offert 5,704 milliards d’euros à la banque espagnole Santander pour racheter les 30% des parts détenues par cette banque dans le capital du pétrolier ibérique Cepsa. Une information publiée hier par ce quotidien, citant des sources anonymes, et rapportée par un site web.
Ce dernier indiquant que Sonatrach a, sur invite de l’agence d’informations financières Thomson Financial, refusé de commenter cette information. De même, nos tentatives pour obtenir des précisions auprès de la compagnie nationale se sont révélées infructueuses, en attente de la diffusion d’un communiqué officiel. Ce faisant, si cette information s’avérait exacte, elle constituerait un tournant dans les relations énergétiques algéroepagnoles, actuellement tumultueuses. En effet, en faisant une offre d’acquisition de 82,08 millions d’actions de Cepsa à raison de 70 euros par action, Sonatrach contribue à valoriser le pétrolier espagnol à près de 20 milliards d’euros. Et en indiquant que le groupe français Total, également actionnaire de Cepsa, avec 48%, serait favorable à cette opération. Cela, d’autant que l’offre faite par Sonatrach serait largement supérieure à toutes les autres offres reçues par Santander, de l’ordre de 40 à 50 euros l’action, celle-ci étant sous valorisée. En effet, à la Bourse de Madrid, l’action Cepsa était en légère hausse hier matin dans des volumes d’échanges importants, avec un cours proche de 70 euros. L'action de la banque Santander, en hausse, a aussi profité de l'information, les analystes financiers s’attendant à un impact positif de l'offre de Sonatrach sur les résultats de la banque. Selon le journal espagnol, l’opération est hautement stratégique pour le groupe algérien puisque l’acquisition de 30% de Cepsa qui contrôle 20% du gazoduc Medgaz en projet, donnerait à Sonatrach le contrôle total du futur gazoduc algéro-espagnol. Un gazoduc dont Sonatrach possède déjà 26% du projet, les tensions déclenchées par les conditionnalités de la commission espagnole de régulation énergétique se sont apaisées récemment. En effet, le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, a affirmé récemment la fin du contentieux qui opposait Sonatrach à l’Espagne concernant la part de gaz que l’entreprise nationale des hydrocarbures est autorisée à commercialiser sur le marché espagnol dans le cadre du projet du gazoduc Medgaz. Cela même si Chakib Khelil, qui a indiqué qu’un accord a été conclu avec les autorités espagnoles, n’avait pas précisé si la compagnie espagnole Gas Natural entrera ou non dans le capital de la société Medgaz, ainsi que les quantités de gaz que Sonatrach est autorisée à commercialiser sur le marché espagnol, suite à cet accord. Or, cette volonté de l’Algérie de s’implanter directement sur le marché énergétique espagnol risque, selon El Economista, d’être empêchée par le gouvernement espagnol à la suite de l’annulation par Sonatrach du contrat de Gassi-Touil avec les espagnoles Repsol et Gas natural. Une opération risquée également dans le contexte de la nouvelle proposition de la Commission européenne de restreindre l’accès des tiers au marché énergétique européen. En précisant que les deux groupes espagnols concernés par cette opération, le pétrolier Cepsa et la banque Santander, n’ont fait aucun commentaire à la presse, de même que le gouvernement espagnol a observé également le silence.
C. B.



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2007/09/25/article.php?sid=58854&cid=2