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«Comment savoir si c’est bien Hassan Hattab qui s’est
rendu ? En lui faisant passer un test MDN !»
Oui, je sais, elle est nulle !
Ayons une pensée pour ce malheureux. Il doit être épuisé. Exténué. Vidé. Sur
les rotules. C’est que je ne connais pas de tangos ayant accompli autant de
kilomètres que lui. Et pas des kilomètres en ligne droite, d’un point A vers un
point B, comme tout le monde. Non ! Notre tango baladeur est de ceux qui aiment
les chemins de traverse, les zigzags, les bifurcations, les demi-tours, les
retours sur ses pas, les entrechats, les «j’avance d’un pas, je recule de deux»
et autres circonvolutions dont seul lui semble détenir le secret. J’ai bien
essayé un moment de le suivre à la trace. Mais ce n’est franchement pas évident
de marquer Hassan Hattab à la culotte. Un coup, il aurait quitté la forêt de Sid
Ali Bouneb et s’acheminerait doucement mais sûrement vers le premier baraquement
militaire. Un autre coup, il aurait fait une halte au bord d’une clairière pour
s’y asseoir en tailleur sous un olivier, sortir son satellitaire Thuraiya et
appeler en PCV le Bagdad-Café. Un autre coup, il aurait repris le chemin du
retour, pas du tout content de la couleur du tapis rouge qu’auraient préparé les
autorités pour l’accueillir, le rouge étant une couleur faisant, comme chacun
sait, l’objet de vives polémiques dans les campus de Yakouren. Un autre coup, il
aurait fait un crochet par Batna pour vérifier sur place si ce que l’on dit sur
le formidable accueil de Abdekka par les citoyens est vrai ou si c’est une
invention des services à café qui encombrent nos cuisines. Un autre coup, il
serait revenu en taxi à places à Sid Ali Bouneb, ayant entendu parler d’un
congrès bis, de nuit, du GSPC, et ne voulant le rater sous aucun prétexte afin
de ne pas perdre, ensuite, le bénéfice de la retraite auprès de la Cnas. Un
autre coup… oh et puis zut ! A quoi bon ? Aux dernières nouvelles, ou plus
exactement aux avant-dernières nouvelles (je propose au passage que l’on garde
désormais cette formule), Hattab serait quelque part entre les fantasmes d’un
roi faiseur de paix, nos morts souillés quotidiennement et la manip’ grossière
des services à café tellement ébréchés et branlants que je n’en voudrais pas
pour la dînette de ma fille. D’ailleurs, qui se préoccupe vraiment de savoir
aujourd’hui où se trouve Hassan Terro ? Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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