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Un lecteur me fait le reproche, pas seulement à moi, mais à Madame
Leïla Aslaoui, à Mohamed Bouhamidi, Boubekeur Hamidechi, Ahmed Hali,
Hakim Laâlam, etc., de «défoncer des portes ouvertes». Il écrit que nous
nous contentons d’exposer des situations que tout le monde connaît, sans
proposer de solutions ! Sur un ton amical et respectueux, il nous dit
qu’il attend beaucoup de nous. La presse n’a-t-elle pas déjà, et dans un
passé récent, accompli des missions pour lesquelles elle n’était pas
désignée ? N’a-t-elle pas, à force de jouer un rôle politique, empiété
sur les plates-bandes des partis et des élites ? Quant à défoncer des
portes ouvertes, ce n’est pas si sûr ! Si les choses étaient aussi
simples et claires pour tout le monde, nous ne serions pas trois ou
quatre quotidiens sur les quarante que compte le pays à nous compliquer
l’existence ! Parce qu’il n’est pas facile, de nos jours, d’aller à
contresens de l’unanimisme ambiant et il est plus commode d’applaudir
les seigneurs du moment : on y gagne à tous les coups et l’Anep ne nous
ferait pas la tête ! Au lieu d’être considérés comme des pestiférés,
nous serions invités sur tous les plateaux de l’ENTV ! Critiquer
ouvertement ce pouvoir autocratique nous impose d’être irréprochables
dans notre vie quotidienne.
Suite...
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