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Elections locales. Le délai de dépôt des listes a expiré hier. Par
contre, vous avez le temps, largement le temps pour le...
boycott et l’abstention !
Nos distributeurs d’argent n’acceptent plus les billets de 200 DA ! Réunis en
assemblée générale extraordinaire, les DAB, hors d’eux, écœurés, épuisés et
l’œil électronique complètement torve, ont annoncé qu’ils refuseraient désormais
de déglutir du 200 DA. J’ai personnellement interviewé un billet de 200 DA qui a
bien voulu réagir à cette décision des DAB et s’exprimer à visage découvert. Et
ce qu’il m’a dit est édifiant : “Est-ce notre faute à nous si nous coinçons les
DAB ? Qu’y pouvons-nous si nos scotchs grippent la belle mécanique des
distributeurs ?” Effectivement, mon billet de 200 était rafistolé de partout,
scotché sous toutes ses coutures et gluant de saleté. J’aurais été un DAB,
j’aurais d’abord refusé de l’avaler avant de me poser la question de savoir si
j’acceptais ensuite de le libérer par la fente. Mais au-delà de cette question
de transit monétique, reste la problématique centrale : pourquoi nos billets,
particulièrement ceux de 200 DA, tombent-ils en “ruine” ? Comme dans toute
problématique algérienne, il y a plusieurs explications possibles, les unes plus
sérieuses que les autres. Celle qui vient en premier : l’Algérie continue de
fabriquer des billets de banque de mauvaise qualité, “in-DABables”, car dans
l’ombre, tapi et sournois, un homme aux épaules aussi larges que les 1200 km de
côtes algériennes a la mainmise totale sur le marché du ruban adhésif, le scotch
sans glaçon, bien sûr. Cet homme fort de ses appuis fait tout ce qui est dans
son immense pouvoir pour que nos billets restent d’aussi mauvaise qualité, lui
permettant ainsi de nous fourguer son ruban adhésif. Autre explication tout
aussi sérieuse : les billets de 200 DA se déchirent suite à un sort. Une
ancienne sorcière, chouwafa, cartomancienne et diseuse de bonnes et mauvaises
aventures, habitait le quartier de Diar- Al-Mahçoul. Connue de tous et crainte
par tous pour l’étendue de ses pouvoirs, cette sorcière ne put cependant rien
faire lorsque des hommes vinrent la déloger de son domicile, rasèrent sa maison
et construisirent à la place Maqâm Echahid, Riadh-El-Feth. Encadrée par quatre
malabars, et alors qu’elle regardait impuissante les bulldozers abattre sa
demeure, elle aurait jeté un sort terrible : “J’implore Belazreg et Belahmar
réunis et leur demande de frapper de malheur et destruction tout ce qui portera
l’effigie de la stèle phallique que l’on érigera à la place de ma maison !”
Vérifiez par vous-mêmes chères lectrices et chers lecteurs. Sur l’une de leurs
faces, vos billets de 200 DA sont à l’effigie de Houbel. Brrrr ! Bien sûr, il y
a quantité d’autres théories autour de la fragilité légendaire de nos biffetons.
Il y en a même une des plus cocasses, des plus abracadabrantes, des plus
incongrues, celle qui consiste à affirmer que si nos billets se déchirent, c’est
que nous ne savons même pas les fabriquer selon des normes de résistance
internationalement établies. Bien évidemment, cette théorie est tellement
inconsistante et scientifiquement infondée que je ne vous l’ai donnée qu’à titre
indicatif. Et en vous conseillant dans la foulée, à titre préventif, par
précaution de ne l’envisager qu’en fumant du thé pour rester éveillés à ce
cauchemar qui continue.
H. L.
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