Le Club des journalistes algériens en France (CJAF) organise mercredi 17 octobre au Centre d’accueil de la presse étrangère (Cape) une conférence intitulée «Les massacres du 17 Octobre 1961 : médias et raison d’Etat», animée par Mehdi Lalaoui, cinéaste, écrivain et président de l’association «Au nom de la mémoire» ; Daniel Mermet, journaliste à France Inter, et Michel Reynaud, membre fondateur des éditions Tiresias. Pour le tout nouveau Club de la presse algérienne en France démarrer ses activités en organisant sa première rencontre par ce thème présente un intérêt multiple. D’abord la commémoration cette année se déroule dans une conjoncture ambiante marquée par la persistance du pouvoir français à refuser de reconnaître les crimes commis par sa politique coloniale. Aussi, il était important de s’interroger sur ce silence récurrent, sur cette chape de plomb mise sur tous ces crimes coloniaux et plus particulièrement sur celui du 17 Octobre perpétré ici même à Paris, par le préfet Papon (sur ordre de De Gaulle) sur la population algérienne sortie manifester pacifiquement contre le couvre-feu discriminatoire qui lui a été imposé. Le deuxième intérêt aussi important sinon plus encore pour le CJAF réside dans le traitement accordé alors par les médias, les hommes et femmes de notre corporation, à ces massacres. Y a-t-il eu silence là aussi et si oui, ce silence était-il général et si non quels sont ceux qui ont tenté de briser le silence ? Ce dernier s’explique- t-il par une quelconque «raison d’Etat» suivie par la censure qui perdure aujourd’hui ? Pour ce faire, et pour répondre à toutes ces interrogations, le Club des journalistes algériens en France propose un triple éclairage au cours de cette rencontre : celui d’un cinéaste écrivain, Mehdi Lalaoui (entre autres documentaires à son actif : les massacres de Sétif, un certain 8 Mai 45» et le Silence du fleuve); celui de Daniel Mermet, journaliste à France Inter connu pour l’œil critique qu’il porte sur les événements (émission «Là-bas si j’y suis»…) et la volonté qu’il a manifestée dans son émission radiophonique pour faire la lumière sur les massacres du 17 Octobre 1961, et enfin Michel Reynaud qui permet au travers de sa maison d’édition (Tiresias) l’écriture d’une histoire réelle, sans pression et sans tabou. Le club veut précisément, par la rencontre de ce 17 octobre à 11 heures, lever le silence sur ce crime d’Etat et contribuer à «l’écriture d’une histoire commune ». K. B.-A.
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