Le gouvernement doit dépasser les éventuelles contraintes dans la réalisation des projets du secteur de l'énergie et des mines. Une instruction du président de la République au ministre de l’Energie et des Mines qu’il a auditionné jeudi dernier. Des contraintes éventuelles à propos desquelles Abdelaziz Bouteflika reste néanmoins vague si ce n’est l’insistance réitérée sur la contribution de l’Etat dans la réalisation des projets sectoriels.
Chérif Bennaceur - Alger ( Le Soir) - En évoquant d’éventuelles
contraintes, le président de la République sous-entend-il des problèmes
de financement ? Ce qui ne peut être le cas actuellement. Serait-ce une
question de non-respect des délais de réalisation comme le laisse
entendre une autre instruction du chef de l’Etat qui a rappelé
«l'impératif de réaliser dans les délais l'ensemble des projets
présentés, pour répondre aux attentes de la population concernant des
biens et des services sensibles comme l'électricité, le gaz et l'eau» ?
A vrai dire, le communiqué final de l’audition n’évoque pas la nature de
ces contraintes et ne fait aucune allusion à une quelconque révision des
tarifs de l’énergie et des carburants ou aux affaires pendantes du
secteur. A contrario, le communiqué insiste à maintes reprises sur
l’importance de la contribution de l’Etat dans la réalisation de ces
projets suivis avec «une attention particulière». En appelant à «une
politique qui s'inscrit dans la durée et dont la mise en œuvre doit être
poursuivie avec constance, afin de concrétiser les grandes potentialités
du pays et de garantir la couverture de ses besoins stratégiques et
vitaux, sur le très long terme». Croissance des investissements publics
à moyen et long terme Relevant les efforts soutenus dans le
développement des activités d’hydrocarbures et des capacités de
production d’électricité, l’électrification du pays et la distribution
publique du gaz, dont les programmes sont soutenus par la contribution
de l'Etat, le communiqué fait état de la croissance des investissements
sur le moyen et long terme. Cela en vue tant «d’accroître le niveau des
ressources nationales pour assurer une couverture à long terme des
besoins énergétiques du pays et une meilleure valorisation sur les
marchés internationaux» que de «sécuriser la satisfaction d'une demande
nationale en forte croissance ». Ainsi, pour satisfaire les besoins en
énergie des programmes de développement (autoroute Est-Ouest, réseau
SNTF, dessalement d’eau de mer, transfert d'eau, logements),
l'adaptation des réseaux énergétiques porte, selon le communiqué, sur la
réalisation à fin 2009, pour un montant de 133 milliards de dinars, de
quatre projets. Soit la réalisation de la dorsale 400 Kv Est-Ouest, en
cours et pour 35 milliards de dinars, de la dorsale 400 kv en cours de
lancement pour 30 milliards de dinars), de la dorsale Nord-Sud (Hauts
Plateaux) de 40 milliards de dinars et de la rocade gazière Est- Ouest/Hauts-Plateaux
pour 28 milliards de dinars. En matière d’électrification, le programme
2005/2009 consiste, selon le communiqué, en la pose de 17.479 km de
réseau moyenne tension et basse tension (MTBT), le raccordement de 337
250 foyers, 8 centrales diesel et 16 villages solaires, pour un coût
global de 45,3 milliards de dinars. En matière de distribution publique
de gaz, le même programme consiste en la pose de 9.700 km de réseaux de
transport, 23 905 km de réseaux de distribution, 4 stations de propane
et le raccordement de près de 1 207 300 foyers, pour un coût global de
295,2 milliards de dinars, dont 255,5 milliards de dinars seront
supportés par l'Etat. Les satisfecit du chef de l’Etat Cela étant, le
chef de l’Etat a exprimé son satisfecit quant à la réalisation du
programme national de dessalement d’eau de mer, en partenariat et visant
à «sécuriser l’alimentation en eau potable du pays». A ce propos, le
communiqué constate qu’il «a été confirmé la réalisation des objectifs
en la matière dans les délais fixés». En outre, le communiqué constate
qu’«en 2006, le taux d'électrification a atteint le seuil de 97% qui
constitue un taux limite réaliste difficile à dépasser en raison du
caractère épars du reste des localités situées en zones inaccessibles.
Il constate également que «le taux de pénétration du gaz a atteint 38%,
presque 1/3 de la population bénéficie des deux sources d'énergie,
l'électricité et le gaz naturel. Dans les trois années à venir, il est
prévu de doubler l'effort actuel, pour atteindre un taux de pénétration
de 57% et faire bénéficier les 2/3 de la population du gaz naturel .
C. B.
23 MILLIARDS DE DINARS POUR LA PROMOTION DU GNC
L'Etat s'implique à hauteur du tiers
Un programme national de développement du gaz naturel carburant (GNC)
sera lancé en deux étapes d’ici 2025 pour un montant de 23 milliards de
dinars. Un premier programme pour la période 2007-2011, au montant de
2,7 milliards de dinars, portera sur l'acquisition de 175 bus par les
entreprises publiques de transport urbain, la réalisation de 40 stations
de distribution et leur raccordement au gaz naturel. L’Etat prendra en
charge le différentiel du coût d'acquisition des bus utilisant le gaz
naturel carburant (surcoût évalué de 15 à 30%), l'investissement relatif
aux stations de distribution et les coûts de raccordement. Impulsé
durant la période 2012-2025 et pour un montant de 20,3 milliards de
dinars, le second programme portera sur la réalisation de 112
stations-services, l'acquisition de 500 bus dédiés au gaz naturel
carburant. Le montant global à supporter par l'Etat sera de 7,8
milliards de dinars.
C. B.
DÉVELOPPEMENT DES ÉNERGIES RENOUVELABLES ET ALTERNATIVES
L'Etat impulse le solaire et l'électronucléaire
L’Etat compte booster le développement des énergies renouvelables et
alternatives et notamment l’énergie solaire et, à terme,
l’électronucléaire. En effet, le communiqué relève «le lancement
encourageant à l'échelle industrielle du programme de développement des
énergies renouvelables, notamment le solaire, qui doit être poursuivi et
soutenu par une contribution de l'Etat, s'inscrivant dans la durée». En
outre, il fait état de la «formulation d'un cadre législatif et
institutionnel adéquat, devant permettre la mise en œuvre d'un programme
d'introduction dans un avenir prévisible, de l'électricité nucléaire et
d'une plus grande utilisation des potentialités en la matière». Le
communiqué note par ailleurs que 18 villages du Grand Sud ont bénéficié
de l'électrification au solaire photovoltaïque, dans le cadre du
programme national d'électrification 1995/1999, impliquant Sonelgaz, et
qu’une seconde opération sera réalisée au titre du programme de soutien
à la croissance 2005/2009 et concernera l'électrification de 16 villages
dans les wilayas des Hauts-Plateaux et sud du pays. En outre, il est
prévu le lancement de certains projets du programme indicatif de
développement des infrastructures de la production d'électricité qui
vise à porter la part des énergies renouvelables dans le bilan de
production électrique nationale à 5% à l'horizon 2015.
C. B.