Tata, réveillée pour la prière du «fadjr», comprit que les cris de joie, fusant du quartier Sud, voulaient dire que cette ignoble Aïcha était vivante ! En effet, on saura, plus tard, que la naufragée avait été récupérée par un navire grec.
Quand les hommes apprirent la nouvelle, ils éprouvèrent une très grande
joie qui, ajoutée à celle de la fête, les transporta de bonheur ! Ils
décidèrent de louer un car et d’aller en ville pour rendre visite à
Aïcha, retenue en observation à l’hôpital.
Tata était dans tous ses états :
- Pourquoi ? Dis-moi, pourquoi partir là-bas avec ces dingues ? Une
journée d’Aïd en plus !
- C’est une personne de chez nous ! Normal que nous nous intéressions à
elle !
- Et où était cette générosité quand ta cousine Barkahoum était à la
clinique ou quand le vieux Younès se faisait opérer... ?
- Tu ne comprends pas…
- Mais qu’est-ce qui vous fait courir donc comme ça ? A votre âge, vous
n’avez pas honte !
- Ne cherche plus ! Ce qui nous fait courir, c’est le Viagra !
farahmaamar@yahoo.fr
“On ne méprise pas tous ceux qui ont des vices, mais on méprise tous
ceux qui n'ont aucune vertu.”
La Rochefoucauld