
Périscoop : BAZOOKA LA GUERRE QUI EN CACHE UNE AUTRE (1) PAR MOHAMED BOUHAMIDI mbouhamidi2001@yahoo.fr
Le général Sanchez, ancien chef des forces de la coalition en Irak, mesure-t-il complètement ce qu’il dit ? D’un point de vue militaire, je ne sais pas. Il faut demander à des officiers plus compétents en la matière. Mais d’un point de vue politique, il tape à côté de la plaque. Reprenons l’essentiel de ses déclarations : la guerre en Irak est devenue «un cauchemar sans fin» pour les coalisés» ; qu’il ne s’agit plus aujourd’hui que «d’éviter la défaite» et que l’administration Bush a produit une gestion catastrophique de cette affaire. A la limite, cette approche peut être séduisante pour tous les opposants aux visées impériales des USA. Mais que dit-il au fond ? Que cette façon de mener la guerre n’est pas une victoire militaire ! Au sens classique, c'est-à-dire qu’elle ne s’est pas terminée par la reddition ou l’anéantissement d’un adversaire militaire. C’est une critique de plus de l’administration Bush. Mais elle émane de quelqu’un qui n’a vu que du feu dans les desseins des néo-conservateurs. A croire les buts déclarés de l’invasion de ce pays pétrolier, il s’agissait de faire tomber un dictateur et de ramener la démocratie sur les chenilles des tanks. La réalité des buts de cette invasion-occupation était tout autre, vous le savez. Il ne suffisait pas de s’assurer le contrôle du pétrole irakien et de toute la zone. Les néoconservateurs voulaient la destruction de l’Etat irakien national et le retour de ce pays au Moyen-Age ; le diviser ; lui ôter tous les acquis scientifiques et techniques accumulés ; le transformer en non-pays. Au profit d’Israël, bien sûr, mais au profit d’abord des compagnies pétrolières et de la stratégie d’une hégémonie américaine sur les sources d’énergie en prévision de la guerre à venir contre la Chine dont les USA préparent les premières escarmouches partout dans le monde et particulièrement en Afrique. Réduire la Chine et aussi leurs alliés européens à leur merci pour ce qui est de l’approvisionnement en hydrocarbures. De ce point de vue, les néo-conservateurs ont grandement réussi leur tâche. Il leur reste à la parachever en transformant chaque Irakien en milicien ou partisan de quelque chose pourvu que cette chose entraîne plus de division, plus de conflits, plus de mort et de haine, plus de difficultés à retrouver les chemins de l’unité irakienne et d’un État unifié. Ils rencontrent bien sûr des difficultés avec les données régionales, principalement, l’influence d’un État iranien devenu dans les faits puissance régionale et vers lequel les USA pointent un doigt accusateur, annonciateur d’une guerre impérialiste inéluctable malgré tout le brouillard actuel entourant les préparatifs de cette catastrophe sous les dehors d’une politique des pressions diplomatiques. Le général Sanchez n’a pas eu sa «victoire» militaire nette et sans bavure. Il lui reste à comprendre qu’il a mené une guerre qui en cachait une autre. Et qu’il a été roulé dans la farine. Lui et tous ceux qui ont cru, en toute mauvaise foi, aux raisons préfabriquées des armes de destruction massive de Saddam et autres balivernes. M. B.
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