Culture : CONCERT DE ABDELKADER CHAOU À CHLEF
Que du bonheur !


Aussitôt débarqué à l’aéroport d’Alger, en provenance de Paris, il se précipite vers la route qui le conduira à Chlef, vers 21h. C’est tout dire sur la motivation de cet artiste à honorer ses contrats. Nous le laissons souffler un peu avant d’essayer de glaner quelques informations sur son actualité. C’est ainsi que nous apprendrons que la raison de sa visite en France était une tournée, pilotée par un organisateur privé, installé à Paris, dont la finalité est d’animer des soirées ramadanesques.
En Algérie, il a effectué un périple musical qui va le mener à travers sept wilayas. Nous sommes contrariés d’apprendre qu’il ne connaît pas Omar Mokrani, mais c’est pour lui une occasion d’avoir un aperçu sur les merveilleux textes de ce grand auteur de la poésie populaire de Chlef. Par contre, il nous fait l’éloge de Belkhiati (chanteur des années 1970) et ne manque jamais de rendre visite, lorsqu’il se rend à chlef, à la troupe musicale d’El Hachimia dont le chef, Khlifa Berrabha, n’est autre que le neveu de Guerrouabi. Concernant les activités culturelles, en Algérie, il est persuadé que le train de la redynamisation est sur les rails. Est-ce à dire que cette année de la culture arabe est un tremplin ou encore mieux un vivandier ayant pour mission la bonne observance d’une thérapie de choc à même de démutiser un cercle d’artistes complètement perdus et que l’on a retrouvés grâce à Saint- Antoine de Padoue dans une armure impénétrable confectionnée par le dieu Hephaistos. Cela justifie-t-il la production de certaines formations, qui seraient bien inspirées d’animer des films de guerre, tant la cacophonie de leur musique fait penser à des bombardements, et ces fumées blanchâtres qui inondent la scène rappellent l’accident de Tchernobyl. Enfin, quand le maestro Chaou apparaît, c’est pour une heure de bonheur. Comme tous les chanteurs de chaâbi, il est très concentré, dans un envoûtement total, comme un chaman en transe, traversant, dans une mort métaphorique, un tunnel orné de dessins fantasmagoriques pour aller vers un monde irréel. Il se désole de ne pas avoir été approché par la réalisatrice irlandaise du film sur le chaâbi car il pense faire partie de l’histoire de ce genre musical. Concernant la déferlante raï, il pense que c’est une belle musique et elle doit être écoutée dans un cercle privé, à cause de ses paroles peu pédagogiques. Pendant cette soirée, Chaou a revisité des œuvres du patrimoine et l’istikhbar et d’anthologie. Youm el djemaâ a soulevé l’enthousiasme du public qui a fredonné quelques passages “Lionnes couronnées, escortées d’une dame distinguée, elles subjuguent l’esprit… Elles apparaissant, sur le sentier, en procession, cueillant des fleurs sauvages, revenant du sanctuaire… Gazelles en liberté, se promenant avec des parures qu’elles avaient brodées”.
Medjdoub Ali

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