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Comment se fait-il que Khalifa ait été remis en liberté par les
Britanniques. Parce qu’à Londres, Moumène a un meilleur avocat que celui
qu’il avait à …
…Alger
Madjid est excédé. Madjid n’en peut plus. Madjid vient de
péter un câble. Et quand Madjid pète un câble, au lieu de brûler un pneu
et, accessoirement, de cramer une APC — même en colère, Madjid reste tout de
même quelqu’un de pondéré et responsable —, il fait des propositions
concrètes. Il vient d’ailleurs de m’en soumettre une par mail. C’est tout
simple : Madjid implore les plus hautes autorités, les supplie de faire œuvre
de … censure ! Oui ! Oui ! Vous avez bien lu, censure. Je n’aurais jamais
pensé un jour que cet espace, celui de la chronique, devienne le relais d’une
requête en censure, d’une demande de rétention d’information. Pourtant,
c’est ce qui se passe aujourd’hui. Et j’avoue que l’idée de Madjid est
assez séduisante, convaincante même. Madjid demande aux dirigeants éclairés
au gasoil de ce pays de ne plus publier les chiffres des réserves de devises et
du cours du brut sur les marchés internationaux. Cette supplique relève de la
demande humanitaire, explique ce lecteur. Blousés pour blousés, appauvris pour
appauvris, précarisés pour précarisés, ignorés pour ignorés, méprisés
pour méprisés, "lumpenprolétarisés" pour "lumpenprolétarisés",
Madjid souhaiterait que nos fidèles dirigeants n’en rajoutent pas en publiant
quasi quotidiennement le prix du pétrole que nous vendons et l’état détaillé
du fric en devises que nous engrangeons. Madjid dit même que cette idée,
s’il elle venait à être soumise à référendum, obtiendrait un plébiscite
populaire. Entendons-nous bien, un vrai plébiscite, pas un machin bidouillé,
un vote arrangé, maquillé et fardé comme une vieille prostituée bouffée par
l’arthrose et les remords. Madjid est convaincu que, dans leur désespoir, les
Algériens, dans leur majorité, accepteraient que, les autorités se taisent,
taisent les chiffres agressifs de la prospérité et de la richesse. Madjid part
d’un postulat tout bête, d’une logique simplette et désarmante. Floués
pour floués, autant ne pas connaître avec une périodicité sadique et métronomique
le montant des sommes qui passent sous notre nez. Et Madjid de conclure son
appel à la censure de ces chiffres de la bombance par ce cri : «Au moins comme
ça, on aura l’impression que ça fait moins mal !». Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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