Le ministère de la Santé, qui tenait à présenter sa «vérité» sur l’état de la malnutrition en Algérie, ne pouvait trouver meilleure occasion que la célébration de la Journée mondiale de l’alimentation placée sous le signe du droit à l’alimentation. Par la voix du professeur Kellou, président du Comité national de nutrition, le département de Amar Tou vient de faire une étude comparative de l’ensemble des enquêtes menées jusque-là sur la pauvreté et la malnutrition en Algérie. Sans surprise, il en ressort que la malnutrition chez les enfants est en net recul par rapport aux années post-indépendance. D’emblée, le représentant du ministère de la Santé a tenu à préciser qu’il existait plusieurs formes de malnutrition. Il s’agit de l’insuffisance pondérale calculée sur la base du rapport poids / âge, du retard de croissance qui prend en considération le rapport taille/ âge et enfin la maigreur qui se calcule sur la base de la proportion du poids par rapport à la taille. Il a également précisé que la malnutrition pouvait être soit aiguë soit chronique soit les deux à la fois dans les cas les plus sévères. Chiffres à l’appui, le Pr Kellou a indiqué que si en 1975, le retard statural chez les enfants atteignait 45,6% soit presque un enfant sur deux, en 2006, la prévalence n’est que de 11,3%. S’agissant de l’insuffisance pondérale qui atteignait l’alarmant chiffre de 50%, elle n’était que de 3,7% en 2006 tandis que la maigreur est passée de 3,8% à 3,5% avec un pic de 9 % durant les années 1990. Une hausse qui serait due aux conséquences des années de terrorisme. Selon le Pr Kellou, les enfants algériens souffrent davantage de malnutrition chronique que celle aiguë qui est souvent «la manifestation d’une situation de crise». Ces chiffres placent l’Algérie dans une zone de faible endémie selon les normes de l’OMS. La situation n’a cependant pas toujours été aussi reluisante, puisqu’en 1963, l’indice la plaçait dans la case de la prévalence très élevée, puis celle élevée en 1975, moyenne entre 1992 et 1995 avant de connaître une courbe décroissante. Une récente étude, effectuée par le ministère de l’Intérieur et rendue publique par la Forem va à contresens des chiffres donnés par le ministère de la Santé. S’il est effectivement constaté un recul de la malnutrition, le chiffre avancé est nettement supérieur au 3 % du ministère de la Santé. Ladite enquête révèle que le taux de malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans atteint près de 18%, ce qui fait qu’un enfant de moins de cinq ans sur cinq présente une malnutrition en Algérie, ce qui donne un chiffre absolu de près de 600 000 enfants, dont 150 000 présentent une forme sévère. Nawel Imès
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