Lundi 22 octobre 2007
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Actualités : LES WALIS PENSENT UNE POLITIQUE DE LA JEUNESSE
Et la bonne gouvernance ?


Le président de la République est attendu demain au Palais des nations où, depuis dimanche, se tient un conclave gouvernement-walis dédié exclusivement à la jeunesse. Le laïus présidentiel à l’occasion se confinera- t-il en la seule problématique soumise à débat ou s’étalera-t-il sur les actualités politique et sociale ?
Sofiane Aït-Iflis - Alger (Le Soir) - L’opinion nationale, depuis 1999, a rarement entendu le président de la République discourir de façon linéaire. Souvent, son propos a débordé les contours des génériques préalablement énoncés. Il est arrivé même que des grandes annonces soient faites en des moments et des circonstances inattendus. En sera-t-il de même demain à l’occasion de la clôture de la réunion gouvernement- walis ou, officiellement, il ne sera question que du dossier de la jeunesse ? Ce n’est pas exclu, tant la conjoncture, politique notamment, sollicite sinon des affirmations fortes, du moins des expressions officielles intelligibles. Le président Bouteflika ne pourrait raisonnablement pas extraire la problématique de la jeunesse du contexte politique dans lequel elle est posée. En ce sens que la politique nationale de la jeunesse, que la réunion se propose de définir, tient d’abord du concept, avant qu’elle ne s’imagine en tant que démarche pratique. La question de la jeunesse est une question de démocratie. Car, il ne se conçoit pas une émancipation franche de cette frange dominante de la population sans réelle démocratie. Preuve nous est fournie, au demeurant, de cette désespérance qui gagne de plus en plus la jeunesse en dépit des bons indices économiques et d’une opulence financière. L’amélioration des conditions de la jeunesse passe par une bonne gouvernance. Or, c’est ce qui manque le plus dans un pays comme l’Algérie où le système politique préfère la cooptation à la représentation réelle. Couplé à un verrouillage quasi systématique des espaces de liberté, ce travers du système politique algérien a eu pour conséquence l’étouffement des énergies juvéniles. A tel point que par dizaines, entassés dans des felouques de fortune, des jeunes bravent la mort en traversant la Méditerranée pour des horizons meilleurs. Le phénomène des harragas a, d’ailleurs atteint une telle ampleur qu’un séminaire libellé officiellement lui a été consacré. Ceux d’entre les jeunes qui ne risquent pas le naufrage en mer ne sont pas moins désespérés. Ils se noient d’une autre façon, à force de quotidiens impossibles. Certainement, que durant ce conclave de trois jours, walis, ministre de l’Intérieur et chef du gouvernement auront le ton des plus solennels pour sérier les problèmes vécus par la jeunesse. Ils débattront de la stratégie de prise en charge. Cela ne changera pas grand-chose tant que la gouvernance n’aura pas subi elle-même une mise à niveau. Les élections locales de novembre prochain serviront de jauge de la volonté politique quant à permettre l’émergence de l’expression populaire. Les partis en lice ne sont pas rassérénés quant au déroulement transparent des élections. Ils l’ont fait savoir et de ce fait, le président de la République est interpellé. Opportunité lui est offerte pour s’exprimer devant l’assemblée des walis des l’élections prochaines et d’autres perspectives.
S. A. I.

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