Lundi 22 octobre 2007
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Régions Est : GRÈVE DU CNES A CONSTANTINE
En rangs dispersés


Le démarrage timide des cours à l’université de Constantine pour des raisons propres à la gestion pédagogique a peut-être noyé la grogne des enseignants qui n’ont pas suivi la grève entamée samedi dernier par le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes).
En fait, ces enseignants n’avaient pas un cadre organisationnel où ils peuvent exprimer leur mécontentement vis-à-vis de la nouvelle grille des salaires adoptée, objet de ce débrayage. Leur section a été dissoute à l’issue du bras de fer ayant opposé leur syndicat à l’administration en 2006 avant que tous les documents administratifs et également la clé du local de cette section ne soient récupérés par les instances nationales de ce syndicat autonome le 13 mai 2007, à l’occasion de la commémoration du 1er anniversaire du déclenchement de ce mouvement de protestation. Depuis, toutes les tentatives visant à relancer cette section ont été vouées à l’échec. Néanmoins, à l’instar des autres campus du pays, la grogne de ces derniers est aussi à son comble. C’est du moins ce qu’ont affirmé des militants de ce syndicat, abordés, hier, dans les couloirs des bâtiments du campus central de cette université qui compte plus de 2 000 enseignants dont 1300 adhérents au Cnes, selon le chiffre donné l’an dernier au moment de la grève. «Au-delà des différends entre collègues de l’enseignement supérieur, notamment au sein du Cnes, tous les enseignants sont unanimes en ce qui concerne l’amendement injuste de notre système de rémunération. Un état de fait qui alimente l’éventualité d’une vague de protestations dans le futur proche et peut-être même demain ou après-demain (aujourd’hui, ndlr)», a déclaré une professeur du département de chimie et pas moins militante du Cnes avant de revenir sur l’origine du problème organique dû, selon ses termes, à une manipulation de l’administration. Selon cette militante, le Cnes est scindé actuellement en deux tendances. Un Cnes qui «agit», composé des militants ayant conduit la grève en 2006 et qui ont été interdits par l’administration de tenir des AG à travers toutes les universités du pays et dont un bon nombre parmi eux subissent jusqu’à maintenant toutes sortes d’intimidations et un Cnes qui «dialogue » avec l’administration, composé de ceux qui ont «trahi leurs pairs» et arrêté la grève. «Ce conseil dont le coordonnateur est M. Rahmani, qui est, d’ailleurs, derrière l’appel à ce débrayage de trois jours (les 20, 21 et 22 octobre 2007), avait conclu finalement qu’il a été victime d’une supercherie du fait que l’administration n’a pas tenu ses engagements. Un constat que nous avons pressenti avant même l’arrêt de la grève, parce que nous savions que la tutelle ne tiendra pas ses promesses, comme d’habitude. C’est dire que la coordination actuelle du Cnes reconnaît qu’elle a commis une erreur en mettant fin au mouvement de protestation en 2006», estime-t-elle. Concernant les revendications avancées dans ce nouveau bras de fer, elle a précisé que ce corps d’élite n’a pas apprécié l’intégration dans le salaire de base des indemnités constituant la plus importante partie de la rémunération de l’enseignant. Il s’agit notamment des ISS et l’ISP (Indemnité spécifique au poste) relative aux zones et qui ne concerne que quelques universités et centres universitaires. «L’ISP, par exemple, qui est de l’ordre de 80 % du salaire de l’enseignant au grade de professeur à Oum-El- Bouaghi, 90 % à Khenchela, 100 % à Biskra, 120 % à Ouargla et 150 % à Tamanrasset ne dépasse pas les 20 % pour ceux des grands pôles universitaires comme Constantine, Alger, Oran… De ce fait, les professeurs de ces grandes universités percevront une augmentation nette de 17 000 DA seulement sur des salaires qui tournaient autour de 50 000 DA et l’annonce par la tutelle d’un triplement des salaires en conséquence de l’adoption de cette nouvelle grille n’est qu’une illusion parce qu’une telle augmentation touche uniquement les salaires des professeurs de Tamanrasset», affirme- t-elle.
Lyas Hallas

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