Corruptions : PROJETS DU MINISTÈRE DES FINANCES
Pas de stratégie, aucun calendrier


Dans le communiqué du ministère des Finances, cité dans l'article plus haut, il est fait état d'une série de projets, énumérés pêle-mêle, visant à “renforcer la maîtrise et le contrôle des dépenses publiques”.
Ce que dit le communiqué à ce sujet : “.... Plusieurs actions ont été prises ou sont en voie de l’être et dont les plus importantes sont le renforcement des capacités d’intervention de l’IGF en la dotant de plus de moyens humains, matériels et légaux ; l’élargissement du champ de contrôle de l’IGF aux entreprises publiques économiques ; l’édition d’un manuel de procédures encadrant de façon précise et rigoureuse toutes les étapes de la dépense publique ; la révision, en cours, du code des marchés publics et le renforcement des moyens mis à la disposition de la commission nationale des marchés publics ; le projet de modernisation budgétaire, en cours de préparation, qui vise, notamment, à assurer une plus grande transparence dans l’allocation des crédits budgétaires sur la base de programmes et objectifs bien définis (budget/programme), accompagné d’un transfert de responsabilité vers les gestionnaires qui seront évalués sur des performances et des résultats”. Commentaires. Est-ce que l'IGF, tant au niveau national que régional, depuis le temps qu’on en parle, est en train de bénéficier de moyens pour rendre plus efficaces ses interventions ? Ne pas omettre, que parmi ces moyens devraient figurer les conditions de son indépendance, les pressions s'exerçant sur elles étant multiples. Le corps des personnels de l'IGF n'est malheureusement pas exempt de pratiques opaques et de corruption . Parmi ces personnels, le virus de la “servitude volontaire” — au détriment des objectifs originels — fait des ravages depuis des années, servitude souvent payée de carrières fulgurantes usurpées ! Concernant la révision du code des marchés publics, annoncée depuis des mois, nous avons fait mention à plusieurs reprises dans ces colonnes, que ce projet — visant à alléger les procédures — était dangereux et aggraverait les risques de corruption. Sous prétexte de respecter les délais de réalisation de la commande publique, cette révision autoriserait les maîtres d'ouvrage à abuser des procédures de gré à gré ! Lors de leur rencontre avec le chef de l'Etat, en juin 2006, les walis ont demandé pratiquement le gel de la réglementation actuelle sur les marchés publics. Ce serait très grave que le gouvernement donne une suite favorable à cette revendication qui ferait le lit de corruption ! C'est comme si ces walis, épaulés par le ministère de l'Intérieur, demandaient au chef de l'Etat : “Monsieur le président, si vous voulez inaugurer dans les délais les projets de votre programme, mettons de côté le code des marchés publics !” Alors que le code actuel est déjà très insuffisant et qu'il nécessite plutôt à être renforcé conformément à la Convention des Nations unies contre la corruption, convention ratifiée par l'Algérie. Quant au projet de modernisation budgétaire, annoncé aussi dans le communiqué du 26 septembre 2007 du ministère des Finances, cela fait des années que le gouvernement en parle et on ne voit toujours rien venir. L'ensemble de ces projets n'obéit à aucune stratégie Ils sont constamment conjugués au futur, les échéances régulièrement annoncées sont constamment reportées et le gouvernement n'a jamais mis en place un calendrier qu'il serait tenu de respecter.
D. H.



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2007/10/22/article.php?sid=59814&cid=11