Reprendre une vie là où on l’a laissée ou tout simplement prendre un nouveau départ. C’est le vœu d’une trentaine de femmes ex-prisonnières ayant reçu des équipements de couture, de broderie et de coiffure, hier, lors d’une cérémonie officielle tenue à l’hôtel des magistrats. Meriem Ouyahia - Alger (Le Soir) - Il s’agit «de sensibiliser et d’encourager ces personnes à leur réinsertion sociale», a souligné Mokhtar Fellioune, directeur général de l'administration pénitentiaire, lors de l’ouverture de cette rencontre. Première du genre, cette opération entre dans le cadre d’une initiative commune avec le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Les bénéficiaires de ces lots, de différentes tranches d’âge, sont originaires de plusieurs wilayas du pays et ont suivi lors de leur incarcération une formation de couture, de cuisine ou encore de coiffure. Le représentant permanent du Pnud, Marc de Bernis, a relevé dans son intervention que les femmes détenues ont le plus de mal à trouver une place dans la société. Marc de Bernis a noté que la politique de réinsertion des détenus dans la vie active prônée par le ministère de la Justice est un modèle pour plusieurs pays. Le nombre de détenus en Algérie est de près de 55 000. «Le nombre de femmes avoisine les 820 à travers tout le territoire national. Ce qui est insignifiant en comparaison au nombre total des prisonniers », a relevé le directeur général de l’administration pénitentiaire. Il a précisé que les crimes pour lesquels elles sont dans la majorité des cas condamnées sont liés au crime d’honneur et aux délits d’escroquerie. Benyma Leïla fait partie des bénéficiaires. En plus d’avoir suivi une formation de couture au sein de la prison de Tlemcen, elle a décroché son bac lors de son incarcération de deux années pour «chèque sans provision». Dès sa sortie de prison en juin 2006, elle s’est inscrite à la faculté de droit de Tlemcen. Cette jeune femme, âgée de 32 ans, veut coûte que coûte reprendre sa revanche sur la vie. Idem, pour Dahou Fouzia. Libérée en avril 2007, elle a suivi une formation de coiffeuse à l’administration de prévention d’Ouled-Mimoun dans la wilaya de Tlemcen. «L’officier responsable du quartier des femmes dans cet établissement a fait en sorte d’avoir des relations humaines. Cela est un bon encouragement », a-t-elle témoigné. Pour elle, comme pour les autres prisonnières, l’heure est maintenant au changement de cap pour tourner la page définitivement pour un avenir loin des barreaux. M. O. molesoir@yahoo.fr
Nombre de lectures : 337
|