Mercredi 24 octobre 2007
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Actualités : FRANCE/CONFLIT DU SAHARA OCCIDENTAL
Au Maroc, Sarkozy joue, avec brio, le derviche-tourneur
De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari


A Rabat, Nicolas Sarkozy, tout en apportant son soutien au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, refuse, cependant, de l’endosser politiquement et diplomatiquement. Devant les parlementaires marocains, il dit même que la France ne soutiendra qu’une “solution politique négociée et agréée par les deux parties sous l’égide des Nations unies”. Le palais royal peut, légitimement, se sentir blousé par ces propos du “grand frère français” alors qu’il était attendu de ce dernier qu’il s’aligne, corps et âme, sur la position marocaine concernant le conflit.
Prudent et, sans doute, attentif et sensible aux réactions d’Alger en cas d’alignement total sur le Maroc — les intérêts français en Algérie ne sont pas poins importants qu’au Maroc —, le chef de l’Etat français a voulu couper la poire en deux : donner l’impression de soutenir le plan d’autonomie marocain tout en restant collé le plus près au consensus de l’ONU sur la question. Sarkozy ne veut pas, en quelque sorte, comme on dit chez nous, “mettre en colère le berger et ne pas affamer le loup”. Cette attitude sera-t-elle tenable sur le moyen et le long terme. Pas si sûr alors que les Sahraouis engrangent victoire politique sur victoire politique — prix Solidar pour Aminatou Haïdar à Bruxelles et la recommandation faite par le Parlement italien d’accorder le statut diplomatique au Front Polisario, la semaine dernière à Bruxelles et à Rome. Pour autant, les manœuvres dilatoires franco-marocaines retarderont, c’est certain, une issue pacifique et conforme au droit international de la question sahraouie. Les Sahraouis, très actifs sur la scène européenne et mondiale, ont depuis belle lurette compris qu’en l’état actuel des relations entre l’Elysée et le Makhzen, Paris ne peut avoir une vision juste — ou même neutre — de la nature du conflit sahraoui. Ce sont d’autres pays de l’Union européenne qui portent la justesse du combat sahraoui (Suède, Angleterre, Danemark, Allemagne, Finlande...), ainsi que les institutions espagnoles moins l’état-major et l’appareil du chef du gouvernement José Manuel Barroso. A Rabat, Nicolas Sarkozy a raté une occasion d’arrimer, définitivement, son pays au consensus mondial sur le Sahara occidental, ou de se taire dignement.
A. M.

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