Actualités : "KASSAMEN" OUTRAGÉ PAR LES ISLAMISTES
Une modeste femme de ménage répond aux intégristes


L’incident qui s’est passé à la salle de conférences (ex- INH), dépendant de l’université M’Hamed-Bouguerra de Boumerdès, aurait pu être une simple anecdote suscitant certainement tout au plus une protestation de citoyens jaloux de l’hymne national.
L’incident est lourd au sens qu’il charrie l’image de la résistance républicaine des Algériennes et des Algériens contre la haine des islamistes à tout ce qui a trait à la mémoire collective. Le fait : lors de la cérémonie protocolaire précédant l’ouverture d’un séminaire sur les investissements étrangers, après quelques versets du Livre Saint de Coran psalmodiés par un jeune, Kassamen a été chanté devant l’assistance nombreuse en recueillement. A l’arrière de la salle, deux étudiants barbus, affreusement accoutrés, âgés de moins de 30 ans étaient restés assis. Ils n’étaient pas malades et il était clair que ces deux “réconciliés bouteflikiens” défiaient les présents et ne voulaient pas saluer la mémoire de ceux qui grâce à leur sacrifice Kassamen est chanté. A la fin de l’hymne, un vibrant youyou déchira l’ambiance solennelle. L’auteur de cette réaction est une dame d’une quarantaine d’années. Elle avait, au même titre que quelques membres de l’assistance, remarqué ce manquement. Elle était derrière un comptoir, au fond de la salle de conférence, réquisitionnée, au même titre qu’une poignée d’agents de service de l’université, par les organisateurs pour servir le café aux séminaristes. «Vous savez bien pourquoi je l’ai fait», nous a-t-elle répondu avant même que nous puissions terminer de formuler notre question. L’indignation d’un confrère s’est vite transformée en satisfaction. Cette femme nous rappelle celles du début des années 1960 qui montaient, de nuit, sur les terrasses des modestes habitations des quartiers populaires de la capitale et lançaient des youyous. Elles donnaient du courage aux hommes qui sortaient en groupe pour faire face aux hordes de l’OAS qui s’aventuraient dans ces quartiers pour commettre des massacres. Ils avaient probablement raison les arouch, à leur belle époque lorsqu’à chacune de leur déclaration, ils concluaient par la formule : le combat continue…
Abachi L.



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2007/10/24/article.php?sid=59902&cid=2