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«Grande Mosquée d’Alger. Les Iraniens bien placés pour remporter
le marché.»
Chiite alors !
Mokhtar Belmokhtar ! Habituez-vous vite à ce prénom et à ce prénom. Ou
réhabituez-vous, c’est selon. Mon petit doigt non enduit au henné me dit que
nous allons en entendre parler souvent dans les prochains jours. Et sur le même
mode que les feuilletons délirants intitulés «El Para», «El Para II, le retour»,
«El Para III, la disparition», «Hassan Hattab», «Hassan Hattab, II, les héros
reviennent cette semaine», «Hassan Hattab III, mais où est donc passée la 7e
compagnie du GSPC ?» Voilà donc qu’on nous dit qu’un procès Belmokhtar devait se
tenir mercredi dernier à Ghardaïa. Et que ce procès a finalement été renvoyé en
l’absence de l’accusé. Dans la foulée, on apprend aussi que des tractations sont
en cours pour convaincre Belmokhtar de se rendre. La suite, je vous la donne,
les yeux fermés : une équipe de la télévision triée sur le volet en bois de la
langue officielle va se déplacer au Sud. Elle va rencontrer Belmokhtar. Le sieur
va se raconter et se la raconter. Peut-être nous révélera-t-il lui aussi qu’il a
une mère française ou originaire de Papouasie Nouvelle-Guinée. Il dira sa
lassitude à trucider du douanier entre les dunes et les ergs et sa conviction
profonde qu’il ne lui reste plus qu’une seule issue, remonter sur Alger, se
rendre aux autorités et aider Abdekka à réussir le fabuleux pari de la
réconciliation nationale. Ensuite, un ministre de la République ira à Paris
annoncer triomphalement la reddition de Mokhtar Belmokhtar et l’application à ce
tango des lois d’amnistie et de réinsertion. Quelque temps après, un autre
ministre viendra dire tout son désarroi de ne pas savoir où se trouve Si Mokhtar
et affirmer dans le même temps que le gus ne peut prétendre au statut 24 carats
de repenti. Je prends le pari que c’est là le scénario du film, le pitch très
probable de la prochaine valse des tangos à laquelle le régime veut nous
convier. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
P. S. : J’étais ce jeudi à Tizi-Ouzou. A la librairie Multilivres Cheikh
pour une rencontre-dédicace du coffret «Pousse avec eux !». J’en reviens comme à
chaque fois. Un bonheur intense d’avoir été ainsi délicieusement plongé dans un
espace entièrement et intelligemment dédié à l’écriture et aux bouquins. Cet
endroit et l’équipe qui l’anime sont la preuve que l’on peut faire beaucoup en
direction des jeunes et des moins jeunes. Leur offrir d’autres perspectives que
la harga ou la ceinture bardée d’explosifs. Forcément autre chose qu’un discours
dans lequel on passe 11 minutes à engueuler les jeunes et à les traiter
d’assistés. Merci Omar pour cet après-midi à Tizi !
Le fumeur de thé
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