Evaluer les créances du groupe EPLF Boumerdès détenues par la banque des familles, aplanir le contentieux administratif entre les deux partenaires et dégager des financements en amont et en aval des projets touchant à la promotion immobilière : c’est ce à quoi sont parvenus MM. Bessa Djamel et Selkim Mohamed, respectivement président-directeur général de la Caisse nationale d’épargne et de prévoyance (Cnep) et P-dg du groupe EPLF Boumerdès (groupe Entreprise de promotion du logement familial) qui se sont rencontrés au siège du promoteur immobilier à Boumerdès. Après une période de relations en dents de scie, les deux partenaires se sont réunis pour débattre sereinement, laissent-ils entendre, pour, d’une part, résorber le mauvais caractère imputé à leurs relations commerciales et d’autre part, initier une feuille de route visant précisément à trouver des solutions idoines à leurs divergences sur le montant de la dette en jeu et sa nature, et, par là même, lancer une nouvelle dynamique pour relancer la promotion immobilière. «Nous sommes condamnés à nous entendre et à travailler ensemble», a dit le patron de la Cnep lors du point de presse que les deux responsables avaient conjointement animé. Pour lui, la dette que détient son établissement est une contrainte à gérer mais en aucun cas un préalable quant à la restauration de la confiance mutuelle. Il y a lieu de noter que les deux dirigeants ont installé, à l’issue de cette rencontre, une commission mixte qui prendra en charge les problèmes qui altèrent la sérénité des relations entre la caisse d’épargne d’Etat et l’Entreprise publique de promotion immobilière. Il est demandé à cette commission de proposer des solutions. Il semblerait, par ailleurs, que son champ de réflexion et de propositions n’est pas restrictif. Les deux dirigeants se sont montrés fort discrets sur le montant de la dette et se sont abstenus par conséquent de donner un chiffre. «Le montant indiqué par l’un n’est pas nécessairement celui supputé par l’autre», précise M. Bessa. «Les citoyens et les autorités ne sont pas intéressés par le différend, ni qui a raison ou qui a gagné, mais ils s’attendent à savoir le nombre de logements réalisés», ajoute de son côté M. Selkim. Le président Bessa n’a pas totalement écarté la possibilité d’une reconversion de la dette en prise d’actions dans le capital social du groupe EPLF si éventuellement l’ouverture de celui-ci est envisagée. «C’est à l’assemblée générale souveraine d’en décider», s’est-il contenté de répondre à notre question. Du point de vue économique, ces retrouvailles, qui pourraient déboucher sur une alliance, ouvrent des perspectives prometteuses dans la mesure où chacun des partenaires a dans le panier de la dot un argumentaire solide. Effectivement, le groupe de promotion immobilière a pris une dimension qui lui confère un caractère national et dispose d’un immense stock de terrains immédiatement constructibles ainsi qu’une expérience qu’il consolide par le biais de relations entretenues avec des partenaires étrangers. Il a, cependant, un besoin pressant en argent frais pour financer ses nombreux projets et ce, pour redimensionner son plan de charges vers la hausse et garder ainsi une place dans le peloton de tête dans le secteur du marché de l’immobilier devenant, de plus en plus, concurrentiel et de l’autre côté, la Cnep a des liquidités qu’elle doit placer pour ne pas faire subir aux placements des familles l’érosion qu’induira immanquablement l’inflation. Cette rencontre est donc de bon augure pour la relance de l’offre de logements destinés aux catégories ayant des revenus intermédiaires. Il est question, selon les deux hauts responsables, de mettre en exécution, ensemble, et ce, dès le début de l’année prochaine, pas moins de 62 opérations dans le secteur de l’immobilier. Quand deux entités majeures du pays, qui activent directement ou indirectement dans le secteur de l’habitat, assainissent leurs relations et unissent leurs efforts ; c’est, sans aucun doute, tout un segment de production de biens immobiliers qui se portera mieux. Abachi L.
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