
Actualités : LES CRÉDITS AUX ENTREPRISES ATTEIGNENT 18 MILLIARDS D'EUROS Le capital investissement, une alternative à l’endettement ?
Les entreprises pâtissent de difficultés de financement même si les crédits à l’économie constituent plus de 80% du portefeuille des banques, soit 18 milliards d’euros. D’où la nécessité de diversifier les sources d’accès au financement, notamment le capital investissement, un segment au développement encore embryonnaire en Algérie. Chérif Bennaceur- Alger (Le Soir) - Sous l’égide de l’Association
professionnelle des banques et établissements financiers (ABEF) et de
l’Union des banques maghrébines (UBM), une rencontre se déroule depuis
hier et aujourd’hui à l’hôtel El- Aurassi. Portant sur le thème «Le
développement du capital investissement au Maghreb», cette rencontre a
été ouverte hier en présence de la ministre déléguée à la Réforme
financière, Fatiha Mentouri. Une rencontre consacrée à débattre, à
l’aune de l’expertise internationale, d’un mode de financement singulier
et propice au développement des PME, avec des fonds levés de l’ordre de
30 milliards de dollars dans le monde, entre 2003 et 2006. Ce mode
consiste, en effet, selon Jean-François Puech, de la Caisse d’épargne
Viveris, pour une société de capital-investissement de participer au
capital, en majorité ou de manière minoritaire, d’une entreprise de
projet. Sans connexion avec le marché boursier puisque le coût de
l’introduction en Bourse «coûte entre 8 et 10% des fonds propres».
Ainsi, la société de capital investissement finance la création,
développement, transmission ou privatisation (cession totale ou
partielle) d’une entreprise, générant un taux de rendement important.
Cette société y apportant ses fonds propres et/ou quasi-fonds propres,
sans demande de garantie, en prenant le risque et en étant un partenaire
actif. Au bout d’une période donnée, la société de capital
investissement se désengage du projet, en dégageant une plus-value
qu’elle peut réinvestir notamment dans le rachat de ses parts ou dans la
Bourse.
Les avantages et les contraintes de ce mode de financement
Un mode de financement qui permet, selon Jean-François Puech, de
mobiliser l’épargne vers les PME, d’améliorer leur compétitivité,
renforcer les fonds propres des entreprises et moderniser leurs méthodes
de management. Un facteur de transparence, même de création d’emplois
selon cet expert, à charge pour l’entreprise de projet de «s’y tenir».
Mais aussi à charge, selon Pascal Pierra, du groupe Proparco-France, de
l’existence d’un cadre institutionnel propice au développement de ce
mode de financement, une «profondeur de marché», des facteurs culturels
et politiques et des conditions fiscales efficientes. Alors que son
développement est avancé au Maroc, par exemple, où l’on compte
l’existence de 15 sociétés de capital investissement, son développement
dans notre pays reste encore balbutiant. En effet, l’Algérie ne compte
que deux établissements de ce type, la Finalep et Sofinance, avec un
niveau de fonds levés de l’ordre de 0,06% du PIB.
18 milliards d’euros de crédits corporate
Certes, le développement de ce mode constitue l’un des axes de la
réforme financière impulsée. Une loi relative à la société de capital
investissement existe depuis le 25 juin 2006 même si, selon Fatiha
Mentouri, «la réglementation est en voie de finalisation ». Un mode de
financement qui doit être développé, d’autant, selon la ministre
déléguée, que les crédits bancaires sont «à 80% des crédits corporate
(entreprises), soit plus de 18 milliards d’euros». Or, les entreprises
et notamment les PME pâtissent de difficultés de financement et se
retrouvent obligées de recourir à l’emprunt bancaire. D’où la nécessité,
selon le président de l’ABEF et P-DG du CPA, Mohamed Djellab, de
diversifier les sources de financement pour les entreprises,
d’accompagner davantage les PME et de continuer à structurer les fonds
d’investissement. Outre le marché obligataire et le leasing, le
président de l’ABEF a appelé à promouvoir le capital investissement, une
solution alternative à l’endettement bancaire.
C. B.
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