dimanche 18 novembre 2007
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Périscoop : BAZOOKA
De nos folies ordinaires (3 et fin)
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Pendant longtemps encore, les femmes resteront exposées aux risques de la rokia incontrôlée et sauvage. Pourquoi les femmes d’ailleurs ? On ne peut esquiver cette question de savoir ce qui pousse les hommes à voir le démon dans les femmes. Elles sont décrites comme démons à la base. Vous n’avez qu’à entendre autour de vous ce qu’on en dit. Cela ne suffit pas à l’accusation : il faut qu’elle soit atteinte par le démon et qu’elle devienne un risque de «démonisation » de son entourage.
Pour bien comprendre cette signification du démon, prenons la parabole du hidjab. A un voisin qui lui conseillait de mettre le hidjab à sa fille de onze ans, un père a demandé pourquoi si tôt, pourquoi dès cet âge enfantin ? La réponse vous la devinez ? Elle risque de provoquer la concupiscence par sa beauté. Le père a répondu que seul un malade sexuel peut éprouver quoi que ce soit pour une fillette de onze ans et qu’il fallait plutôt aveugler le pédophile que d’occulter sa fille. Toutes les incohérences de l’exorcisme à l’algérienne nous ramènent sur cette piste. Pourquoi exorcise-t-on massivement les femmes quand on médicalise massivement les hommes à l’apparition de la souffrance mentale ? Pourquoi les démons qui les pénètrent sont toujours masculins et les êtres surnaturels, anges ou démons, sont-ils sexués ? Pourquoi fait-on subir de tels sévices aux femmes comme si le démon perdait son essence surnaturelle et devenait naturel à travers la femme ? Qu’est-ce qui dérange si profondément les hommes et leur fait si peur qu’ils en arrivent à ces extrémités et quels vrais démons tuent-ils en eux en voulant lui faire habiter les femmes ? Nous sommes bien face à une tentative insensée de déposséder le psychisme de la femme de sa dimension symbolique, de la réduire à la seule réalité de sa différence sexuelle, à lui enlever toutes les charges symboliques qui lui permettent l’autonomie de ses désirs et de ses attentes. La maladie mentale et en particulier l’hystérie existent dans toutes les sociétés, dans tous les stades du «développement» humain. La question est de savoir comment on réagit à la maladie et à la souffrance mentale. Je vous disais que, dans notre pays, la société traitait les fous autrement y compris en leur conférant souvent des rôles sociaux et en leur aménageant une fonction à l’intérieur du sacré. Allons-nous laisser ces pans entiers de notre humanité exposés à ce déni de la réalité psychique et non pas naturelle de la souffrance mentale ?
M. B.

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