dimanche 18 novembre 2007
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Régions : ÉLECTIONS LOCALES A TIZI-OUZOU
Bilan d’une campagne sans relief


C’est une campagne sans enthousiasme de la part des partis en lice et, dans l’immédiat, sans engouement des citoyens qui boucle, ce jeudi, sa première semaine dans la wilaya de Tizi Ouzou.

Tout indique que l’on est en présence d’un remake des élections législatives de mai dernier, peut-être en plus grave malgré ou à cause de la sévère sélection à laquelle se sont livrés tous les partis qui sollicitent les suffrages des électeurs. Ces derniers ne croient plus à la sincérité ni à l’efficacité du bulletin de vote ni aux promesses de changement. L’acte de vote est dévalorisé par les fraudes et les interventions de l’administration dans la gestion des collectivités locales quand ce n’est pas sur le choix des candidats. Il est discrédité également par beaucoup d’exécutifs manquant de cohésion, de compétence ou incapables de transcender les querelles partisanes et de clans et de se hisser, enfin, au niveau des responsabilités qui leur incombent à la tête des collectivités locales. C’est là l’une des raisons qui poussent certaines formations à faire du porte-à- porte ou de la proximité pour battre en brèche le spectre de l’abstentionnisme et tenter de convaincre les citoyens de la nécessité de se rendre aux urnes. A défaut, on se contente de porter le message politique du parti dans les profondeurs du peuple en espérant un sursaut populaire à plus ou moins brève échéance ; c’est le cas du FFS qui table sur l’abstention massive du corps électoral. L’évaluation de la première semaine de la présente campagne s’avère à première vue aisée au regard de la présence sur le terrain, plutôt faible, des principales formations briguant les suffrages des électeurs. En une semaine, seuls le RCD et le FLN affirment avoir organisé des rassemblements. 25 pour le premier, 15 pour le second, avec une participation moyenne en fonction du dynamisme des militants locaux, déclare B. Boudiaf, député RCD chargé de la campagne. Le mouhafadh et député FLN, Saïd Lakhdari, situe de son côté la participation entre 70 et 600 personnes, son parti aurait fait le plein, notamment à Boghni et Draâ El-Mizan où nous ne connaissons pas de salles pouvant contenir le dernier chiffre avancé. Il y avait plein de gens dehors, rétorque-t-il à notre observation. Le RND et le FFS ne font aucune évaluation ni en rassemblements ni en participants, ils ont choisi la proximité, plus payante à leurs yeux. Le RND a pourtant dressé un riche programme avec 20 rassemblements du 8 au 14 réservant la journée de jeudi 15 novembre au grand meeting prévu à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi ouzou, sous la présidence d’Ahmed Ouyahia, secrétaire général du parti. Le FFS met les bouchées doubles sur ses permanences électorales et la mobilisation de ses militants et sympathisants pour démarrer en trombe dès jeudi avec l’intervention du premier secrétaire dans plusieurs localités. Jusqu’à ce week-end, au FFS comme chez ses concurrents dans la course aux élections locales, ce sont les candidats et l’encadrement local qui ont sillonné les localités pour appeler les citoyens à leur accorder leurs voix. A partir de ce week-end, tous les partis en lice envisagent de faire intervenir les membres de leur direction nationale et les ministres, s’agissant du FLN et du RND. Dans le volet présence sur le terrain, les formations en lice ne font pas preuve d’empressement pour afficher leurs listes avec portraits et indications sommaires sur les candidats. Le RCD a encore ouvert la voie dans ce domaine en affichant le premier sa liste APW et une vingtaine d’APC au niveau et au tour de son bureau communal situé au centre-ville, débordant du site réservé à cet effet. Le FFS et le RND se sont prudemment contentés d’afficher, pour le premier, autour du siège de sa section locale également au centre-ville, et pour le second, à l’intérieur de sa direction de wilaya et timidement à la sortie, en haut de l’escalier menant vers l’OPGI. L’affichage semble constituer un dernier argument de poids chez la plupart des formations tablant, soit sur la qualité des candidats, soit sur leur ancrage social et la diversité sociologique. Mais les tiraillements qui ont marqué l’élaboration des listes, notamment au niveau du FFS et du FLN, le manque de moyens humains et matériels, ainsi que le souci d’économiser le plus possible sur l’affichage, sujet à l’arrachage, sont aussi à prendre en considération dans le retard partagé par la quasi-totalité des partis en lice dans ce domaine. Les universitaires, les cadres, les enseignants, les fonctionnaires et les commerçants constituent le gros des postulants au FLN, au RCD et au RND, avec une moyenne d’âge autour de 40 ans. La jeunesse et les membres actifs de la société civile ont la part du lion chez le FFS, d’après M. Brahimi, candidat à l’APW et membre de la fédération de Tizi Ouzou. L’élément féminin continue à être modestement représenté. Au FFS, on annonce 10 postulantes à Tizi, Draâ El-Mizan, Oudhias et Yakouren ; 17 au RCD dont 4 à l’APW, 2 à l’APC de Tizi, 2 à Mekla, 1 à Azzaga ; 5 au FLN dont 2 à l’APW et 3 à l’APC de Tizi Ouzou, deux institutions où l’on trouve respectivement 2 et 3 candidates du RND. La reconduction d’anciens élus est de 21 sur 23 ex-présidents d’APC du RCD et de 7 sur 10 au FLN en compagnie de leurs 2 premiers adjoints.
B. T.

Le P/APC sortant de M’kira crie à la partialité de la daïra
La campagne électorale s’anime de plus en plus dans la commune de M’kira. Cette animation résulte particulièrement de la rivalité remarquée chez le P/APC sortant du RCD, confiant en une éventuelle réélection et l’ex-P/APC-FFS ayant régné sur la commune en 1995 et 2005. Ce dernier dont les sorties villageoises paraissent ardues, après avoir été accusé d’une gestion antérieure critiquée par la population, tente d’exploiter durant sa campagne un document douteux dont nous avons une copie, portant la signature du chef de la daïra de Tizi- Gheniff, dans le but de discréditer le P/APC sortant. En effet, il s’agit d’une demande d’inscription de projets datée du 22 mars 2005, adressée à la Direction des travaux publics (DTP) de la wilaya de Tizi-Ouzou au sujet du réseau routier de la commune qui vient de connaître une grande amélioration après avoir baigné dans une dégradation criante durant de longues années. La DTP a été, selon cette correspondance, saisie afin d’inscrire dans le cadre des programmes sectoriels de développement (PSD) le revêtement du chemin communal de 13 kilomètres reliant Tamdikt et Tighilt-Bougueni via Boughzal, du chemin de wilaya numéro 107 de 12 km reliant M’kira et Tizi-Gheniff, du chemin intercommunal de 10 km reliant Tizi-Gheniff- Tahechat-M’kira, enfin la réfection de la route menant au village Taka à partir du C.W 107 sur une distance de 4 km. «Ce document a été conçu fallacieusement aux besoins de campagne électorale avec la complicité du chef de daïra pour soutenir l’ancien maire FFS et me discréditer gratuitement vis-à-vis de la population. J’informe celle-ci que les projets en question ont été inscrits et réalisés depuis mon investiture en 2005, vous n’avez qu’à vérifier les références dudit document (n° 387/CD/2007)», a tenu à préciser le maire sortant, M. Mohand Chérif Fahem, qui semble rasséréné quant à sa reconduction à la tête de l’APC de M’kira. Par ailleurs, les organisateurs du débat entre les candidats têtes de listes activent afin de réussir l’événement malgré le scepticisme de ces derniers.
A. S. Wahmed

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