C’est une campagne sans enthousiasme de la part des partis en lice et, dans l’immédiat, sans engouement des citoyens qui boucle, ce jeudi, sa première semaine dans la wilaya de Tizi Ouzou.
Tout indique que l’on est en présence d’un remake des élections
législatives de mai dernier, peut-être en plus grave malgré ou à cause
de la sévère sélection à laquelle se sont livrés tous les partis qui
sollicitent les suffrages des électeurs. Ces derniers ne croient plus à
la sincérité ni à l’efficacité du bulletin de vote ni aux promesses de
changement. L’acte de vote est dévalorisé par les fraudes et les
interventions de l’administration dans la gestion des collectivités
locales quand ce n’est pas sur le choix des candidats. Il est discrédité
également par beaucoup d’exécutifs manquant de cohésion, de compétence
ou incapables de transcender les querelles partisanes et de clans et de
se hisser, enfin, au niveau des responsabilités qui leur incombent à la
tête des collectivités locales. C’est là l’une des raisons qui poussent
certaines formations à faire du porte-à- porte ou de la proximité pour
battre en brèche le spectre de l’abstentionnisme et tenter de convaincre
les citoyens de la nécessité de se rendre aux urnes. A défaut, on se
contente de porter le message politique du parti dans les profondeurs du
peuple en espérant un sursaut populaire à plus ou moins brève échéance ;
c’est le cas du FFS qui table sur l’abstention massive du corps
électoral. L’évaluation de la première semaine de la présente campagne
s’avère à première vue aisée au regard de la présence sur le terrain,
plutôt faible, des principales formations briguant les suffrages des
électeurs. En une semaine, seuls le RCD et le FLN affirment avoir
organisé des rassemblements. 25 pour le premier, 15 pour le second, avec
une participation moyenne en fonction du dynamisme des militants locaux,
déclare B. Boudiaf, député RCD chargé de la campagne. Le mouhafadh et
député FLN, Saïd Lakhdari, situe de son côté la participation entre 70
et 600 personnes, son parti aurait fait le plein, notamment à Boghni et
Draâ El-Mizan où nous ne connaissons pas de salles pouvant contenir le
dernier chiffre avancé. Il y avait plein de gens dehors, rétorque-t-il à
notre observation. Le RND et le FFS ne font aucune évaluation ni en
rassemblements ni en participants, ils ont choisi la proximité, plus
payante à leurs yeux. Le RND a pourtant dressé un riche programme avec
20 rassemblements du 8 au 14 réservant la journée de jeudi 15 novembre
au grand meeting prévu à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi
ouzou, sous la présidence d’Ahmed Ouyahia, secrétaire général du parti.
Le FFS met les bouchées doubles sur ses permanences électorales et la
mobilisation de ses militants et sympathisants pour démarrer en trombe
dès jeudi avec l’intervention du premier secrétaire dans plusieurs
localités. Jusqu’à ce week-end, au FFS comme chez ses concurrents dans
la course aux élections locales, ce sont les candidats et l’encadrement
local qui ont sillonné les localités pour appeler les citoyens à leur
accorder leurs voix. A partir de ce week-end, tous les partis en lice
envisagent de faire intervenir les membres de leur direction nationale
et les ministres, s’agissant du FLN et du RND. Dans le volet présence
sur le terrain, les formations en lice ne font pas preuve d’empressement
pour afficher leurs listes avec portraits et indications sommaires sur
les candidats. Le RCD a encore ouvert la voie dans ce domaine en
affichant le premier sa liste APW et une vingtaine d’APC au niveau et au
tour de son bureau communal situé au centre-ville, débordant du site
réservé à cet effet. Le FFS et le RND se sont prudemment contentés
d’afficher, pour le premier, autour du siège de sa section locale
également au centre-ville, et pour le second, à l’intérieur de sa
direction de wilaya et timidement à la sortie, en haut de l’escalier
menant vers l’OPGI. L’affichage semble constituer un dernier argument de
poids chez la plupart des formations tablant, soit sur la qualité des
candidats, soit sur leur ancrage social et la diversité sociologique.
Mais les tiraillements qui ont marqué l’élaboration des listes,
notamment au niveau du FFS et du FLN, le manque de moyens humains et
matériels, ainsi que le souci d’économiser le plus possible sur
l’affichage, sujet à l’arrachage, sont aussi à prendre en considération
dans le retard partagé par la quasi-totalité des partis en lice dans ce
domaine. Les universitaires, les cadres, les enseignants, les
fonctionnaires et les commerçants constituent le gros des postulants au
FLN, au RCD et au RND, avec une moyenne d’âge autour de 40 ans. La
jeunesse et les membres actifs de la société civile ont la part du lion
chez le FFS, d’après M. Brahimi, candidat à l’APW et membre de la
fédération de Tizi Ouzou. L’élément féminin continue à être modestement
représenté. Au FFS, on annonce 10 postulantes à Tizi, Draâ El-Mizan,
Oudhias et Yakouren ; 17 au RCD dont 4 à l’APW, 2 à l’APC de Tizi, 2 à
Mekla, 1 à Azzaga ; 5 au FLN dont 2 à l’APW et 3 à l’APC de Tizi Ouzou,
deux institutions où l’on trouve respectivement 2 et 3 candidates du RND.
La reconduction d’anciens élus est de 21 sur 23 ex-présidents d’APC du
RCD et de 7 sur 10 au FLN en compagnie de leurs 2 premiers adjoints.
B. T.
Le P/APC sortant de M’kira crie à la partialité de la daïra
La campagne électorale s’anime de plus en plus dans la commune de M’kira.
Cette animation résulte particulièrement de la rivalité remarquée chez
le P/APC sortant du RCD, confiant en une éventuelle réélection et
l’ex-P/APC-FFS ayant régné sur la commune en 1995 et 2005. Ce dernier
dont les sorties villageoises paraissent ardues, après avoir été accusé
d’une gestion antérieure critiquée par la population, tente d’exploiter
durant sa campagne un document douteux dont nous avons une copie,
portant la signature du chef de la daïra de Tizi- Gheniff, dans le but
de discréditer le P/APC sortant. En effet, il s’agit d’une demande
d’inscription de projets datée du 22 mars 2005, adressée à la Direction
des travaux publics (DTP) de la wilaya de Tizi-Ouzou au sujet du réseau
routier de la commune qui vient de connaître une grande amélioration
après avoir baigné dans une dégradation criante durant de longues
années. La DTP a été, selon cette correspondance, saisie afin d’inscrire
dans le cadre des programmes sectoriels de développement (PSD) le
revêtement du chemin communal de 13 kilomètres reliant Tamdikt et
Tighilt-Bougueni via Boughzal, du chemin de wilaya numéro 107 de 12 km
reliant M’kira et Tizi-Gheniff, du chemin intercommunal de 10 km reliant
Tizi-Gheniff- Tahechat-M’kira, enfin la réfection de la route menant au
village Taka à partir du C.W 107 sur une distance de 4 km. «Ce document
a été conçu fallacieusement aux besoins de campagne électorale avec la
complicité du chef de daïra pour soutenir l’ancien maire FFS et me
discréditer gratuitement vis-à-vis de la population. J’informe celle-ci
que les projets en question ont été inscrits et réalisés depuis mon
investiture en 2005, vous n’avez qu’à vérifier les références dudit
document (n° 387/CD/2007)», a tenu à préciser le maire sortant, M.
Mohand Chérif Fahem, qui semble rasséréné quant à sa reconduction à la
tête de l’APC de M’kira. Par ailleurs, les organisateurs du débat entre
les candidats têtes de listes activent afin de réussir l’événement
malgré le scepticisme de ces derniers.
A. S. Wahmed
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