Contrairement aux précédentes, la campagne électorale pour les élections locales du 29 novembre prochain, qui entame sa deuxième semaine et de l’avis des observateurs les mieux avertis, ne présente aucun signe d’engouement du citoyen. Les personnes que nous avons rencontrées dans la rue sont là pour témoigner de l’indifférence qui a gagné les esprits. D’autres nous diront que le refrain est le même et le désespoir s’est installé dans les cœurs. Seul fait qui mérite d'être signalé, c’est cette campagne sauvage d’affichage, tous azimuts sur les murs, sur les balcons, à l’intérieur des bains maures, sur les bus et taxis. Tout est bon pour attirer un électorat indifférent. Un affichage de nuit, agressif, une véritable pagaille, un affichage anarchique au point où certaines affiches ont été collées sur des bancs publics : «Nous voilà maintenant invités à nous asseoir sur nos candidats», ironisait un citoyen, désabusé par cette campagne unique en son genre. L’art de «discourir» n’a plus également aucun ascendant sur les citoyens surtout les plus jeunes qui ont perdu la faculté de rêver à un avenir prometteur. «La vie, pour moi, dira un harrag, arrêté à Alicante, puis refoulé vers son pays d’origine, est dépourvue de sens quand on n’a pas un boulot pour sauver sa dignité et éviter de tendre la main à qui que ce soit, du moins pour prendre un café et acheter des cigarettes». Pour ce qui est de nos candidats des différents partis politiques en lice, dont certains connus et qui jouissent d’une crédibilité et d’une estime auprès de l’opinion publique, le reste emploie le plus clair de son temps à faire et à défaire les rivaux, au point de déclencher une véritable guerre des nerfs au sein du corps électoral «que voulez-vous qu’il fassent. La majorité d’entre eux se déclare corps et âme pour soutenir le programme du président au lieu de nous présenter leur propre programme afin d’améliorer le cadre de vie de leur cité», dira une dame. Contrairement à ces différents points de vue, les partisans du scrutin estiment que le défaitisme ne doit pas exister. Certains entendent par l’acte de voter barrer le chemin aux opportunistes et stopper l’hémorragie sociale... Dans certains quartiers de Saïda, il y en a qui n’arrivent même pas à saisir le vrai sens des élections locales à l’image de cette femme qui confond Ouyahia avec les candidats RND. A notre tentative d’éclairer sa lanterne, elle s’obstine : «S’il ne s’agit que de candidats pour le vote du 29 novembre prochain, que viennent faire Ouyahia, Aboudjorra Soltani ou autres houkouma ?» M. B. Amine
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