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«Le chef du GSPC perd son bras droit.»
Laâkouba au bras gauche,
aux deux pieds, à la tête….
C’est dans une petite ville d’Algérie. De ces petites villes dont ne subsiste
pratiquement plus aucun signe distinctif, tellement elles se sont étendues sur
un modèle quasi unique de blocs, de maisons en voie éternelle d’achèvement, de
routes défoncées et de kitch affiché outrageusement. A ce tableau déjà pas très
ragoûtant, il faut ajouter la boue mélasse née des dernières pluies. Et dans
cette ville semblable à toutes les autres, deux échoppes côte à côte. Celle d’un
vulcanisateur (j’ai failli l’écrire avec un G) et celle d’un réparateur de
climatiseurs pour voitures. C’est du moins ce qui est indiqué sur les enseignes.
Car, à l’intérieur, depuis quelques jours se sont installés deux partis
politiques. Deux «grandes» formations ayant pignon sur rue et, apparemment, sur
… delco aussi ! Deux formations parmi les plus importantes au Parlement. Bien
sûr, je pourrais ironiser avec des vannes à deux balles sur les partis qui
espèrent apporter un vent de fraîcheur dans l’activité politique du pays,
allusion à la climatisation, ou encore à ces partis qui ambitionnent de remettre
en marche un pays à plat, pour la h’winta du vulcanisateur. Je pourrais. Mais ça
serait trop facile. Trop commode. Parce que nom de Dieu, c’est tout de même
énorme que personne ne soit gêné par ce phénomène. Comment deux partis au
pouvoir peuvent-ils s’accommoder du fait que deux de leurs représentations
locales pour le scrutin du 29 soient hébergées l’une chez un réparateur de
climatiseurs pour voitures et l’autre chez un poseur de rustines, de valves et
de pneus tubeless ? Ya sidi, je vais essayer d’entrer dans votre logique ! Vous
les avez loués ces locaux, soit ! Faites alors l’effort d’une autre dépense,
celle d’une nouvelle enseigne qui recouvre l’ancienne, le temps de la campagne
électorale. Même pas ! Le blème, c’est qu’il s’agit sûrement là des futurs
gestionnaires de la ville. Des «autorités en devenir» qui ne répugnent pas
aujourd’hui à nous vendre un avenir radieux, des lendemains qui chantent, au
beau milieu d’une baignoire à chambres à air et de compresseurs en bout de
course, éventrés. Si ça ne gêne personne, alors d’accord ! Faites comme si je
n’avais rien écrit. Et fumez du thé pour rester éveillés à ce cauchemar qui
continue.
H. L.
* H’winta : petit magasin, modeste échoppe, dans le langage parlé.
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