La dette interne de l’Algérie baissera à quelque 700 milliards de dinars d’ici deux ans, avec le remboursement de 1 100 milliards de dinars en 2007 et 2008. Néanmoins, les créances des entreprises représentent actuellement plus de 1 300 milliards de dinars.
Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) -Selon le directeur général du
Trésor, Hadj Babaâmmi, lors d’une conférence de presse tenue hier, la
dette interne de l’Algérie s’élevait, à fin décembre 2006, à 1 779,7
milliards de dinars dont plus de 400 milliards de dinars en bons du
Trésor. Sur les 1 376 milliards restants qui constituent la dette
d’assainissement, les créances des entreprises publiques s’élèvent à
quelque 1 313 milliards de dinars. A fin novembre 2007, cette dette
globale baissera néanmoins de 663 milliards de dinars. Cela, en raison
du remboursement des avances de la Banque d’Algérie et des 140 milliards
de dinars souscrits par Algérie Poste en bons du Trésor. En rappelant
que la dette interne résulte des prélèvements sur le marché primaire
(titres du Trésor) qui ont été limités, et des souscriptions du Trésor
sur formulaires, interdits dorénavant. Elle résulte également des
opérations d’assainissement, transformation des créances envers les
banques en créances envers le Trésor, des avances sur la Banque
d’Algérie dont 8 milliards seront remboursés chaque année, et des 619
milliards de dinars prêtés par la Banque d’Algérie pour le remboursement
de la dette extérieure contractée auprès du Club de Paris. Selon Hadj
Babaâmmi, la politique budgétaire est guidée par le principe de «limiter
au maximum l’endettement ». Avec les 500 milliards de dinars que le
Trésor prévoit de rembourser en 2008, cette dette devrait baisser dans
les deux prochaines années à 700 milliards de dinars, voire moins.
Ainsi, la dette publique globale qui représente actuellement 21% du
Produit intérieur brut (PIB) ne représentera que 15% du PIB à la fin
2007.
Les dépenses resteront soutenables à l’horizon 2009
Quant au Fonds de régulation des recettes (FRR), il a engrangé, selon le
directeur général du Trésor, à la fin octobre 2007, 3 654 milliards de
dinars. Un fonds alimenté quand les recettes pétrolières engrangées
dépassent les recettes prévues sur la base de 19 dollars et dont le
solde est enregistré dans un compte séparé de la Banque d’Algérie et
qu’elle gère. L’objectif du FRR est la stabilisation et la sécurisation
du programme de développement «moyen terme» et la protection de
l’économie contre les chocs extérieurs, selon Hadj Babaâmmi. Mais aussi
de servir à rembourser le principal de la dette, compenser les déficits
des opérations du Trésor et limiter au maximum l’endettement, a indiqué
ce dernier. Néanmoins, il n’y a pas eu, selon lui, «recours au gel des
projets d’équipement», a précisé ce dernier qui a ajouté qu’ à 19
dollars, l’équilibre budgétaire n’est pas assuré. Selon lui, la
politique budgétaire est conçue et visible à moyen terme, en l’absence
d’une prévisibilité exacte du prix du pétrole. Cependant, même avec un
budget 2008 déficitaire, les dépenses sont soutenables à l’horizon 2009,
a estimé le directeur général du Trésor.
Vers une loi organique des lois de finances
Dans cet ordre, le directeur du budget, Farid Bekka, a assuré que le
ministère des Finances a toujours présenté au Parlement la situation des
crédits inscrits et des comptes d’affectation spéciaux. Par contre,
l’examen de la consommation des dépenses est du ressort de la Cour des
comptes, selon lui. Et d’assurer qu’un projet d’une loi organique de
lois de finances est à l’examen au niveau des services du gouvernement
et que le ministère des Finances s’engage à présenter une loi de
règlement des dépenses. D’autre part, Hadj Babaâmmi a estimé que «grâce
à la coordination entre la politique budgétaire et la politique
monétaire, l’inflation a été maîtrisée même si elle a connu une légère
augmentation». Adoptée récemment, la loi de finances prévoit en effet un
taux de l’ordre de 3,5% pour l’inflation qui a atteint, à la fin
septembre 2007, 3,3%. En 2006, le taux annuel moyen de l’inflation a été
de 2,53%. Concernant la dette extérieure, le directeur du Trésor a
indiqué que l’Algérie négocie avec les Emirats arabes unis la conversion
en investissements de 330 millions de dollars de créances algériennes.
Il restera à notre pays à rembourser quelque 833 millions de dollars de
dette extérieure sous la forme de crédits concessionnels, en majorité
bilatéraux contractés à des conditions avantageuses.
C. B.
PAIEMENT DE LA VIGNETTE AUTO
4,5 milliards de dinars pour les communes
Selon le directeur général des impôts, Abderrahmane Raouya, le
paiement de la vignette automobile a généré 4,5 milliards de dinars dont
80% seront affectés au Fonds des collectivités locales. Un fonds destiné
au profit des communes en situation financière difficile.
C. B.
PROJETS D'INVESTISSEMENT DANS LES ZONES ENCLAVÉES
Le foncier concédé au dinar symbolique
La loi de finances 2008, adoptée récemment, autorise, selon le
directeur général du Budget, Farid Bekka, la concession des terrains du
domaine privé de l’Etat au «Dinar symbolique». Cela, au profit des
projets d’investissements à forte utilité économique dans les zones
enclavées et sur la base d’un cahier des charges. Par ailleurs, cette
loi crée un fonds d’investissement pour la mise à niveau des PME. Un
fonds alimenté sur concours budgétaire de l’Etat qui prend en charge 25%
du coût de réalisation des infrastructures de base. Autres mesures
relevées, la suppression du précompte à l’importation (4% sur la valeur
globale des marchandises importées) ainsi que la baisse du taux majoré
de l’IRG de 40 à 35% avec élargissement du taux d’abattement. Ainsi, les
salaires inférieurs à 15 000 DA ne seront plus imposables et les
salaires allant jusqu’à 25 000 dinars seront imposés selon un taux
effectif de 7,80%.
C. B.
• Le projet de loi de finances 2008 prévoit en effet des recettes de
1 924 milliards de dinars et des dépenses de 4 322,9 milliards de dinars
se répartissant en 2 018 milliards de dinars pour le fonctionnement et
de 2 304,9 milliards de dinars pour l’équipement.
• Les recettes fiscales pétrolières effectuées ont atteint un montant de
2 714 milliards de dinars en 2006. Sur les 2 714 milliards de dinars de
ces recettes, un montant de 1 798 milliards de dinars a été versé au FRR.