Les conducteurs de train de la SNTF de la région d’Alger sont entrés
en grève.
Ce débrayage semble avoir été décidé suite à la dégradation des
conditions socioprofessionnelles de ce corps de métier. Le trafic
ferroviaire a été perturbé en cette matinée de samedi. Les cheminots
étaient à l’arrêt à partir de quatre heures du matin. Un piquet de grève
a été observé au niveau des ateliers de la gare des Halles à Belouizdad.
Les conditions de travail et le régime indemnitaire sont les principales
revendications des conducteurs de train de l’Entreprise nationale du
transport ferroviaire. Ces derniers se plaignent essentiellement des
primes allouées. Celle relative à la sécurité arrive en tête des
revendications. Les cheminots expliquent qu’en dépit du caractère
dangereux de leur métier, la prime de risque est fixée à 15 dinars par
jour. Cette prime est qualifiée par les concernés de prime de la honte.
«Le dernier des conducteurs que vous voyez ici a été au minimum trois
fois victime de déraillement à la suite d’un attentat à la bombe»,
martèle un quinquagénaire avec une pointe d’émotion. «Moi-même j’ai été
l’objet de cinq attentats sur la ligne qui dessert l’est du pays.
Plusieurs fois je me suis retrouvé dans un ravin coincé dans ma
locomotive pendant que le reste du train était en feu. Malgré cela, je
n’ai jamais abandonné mon poste». Trouvez-vous logique que l’on nous
donne une prime de 15 dinars pour un risque qui met nos vies en péril ?
s’est interrogé l’orateur. L’autre point soulevé par les grévistes est
la prime de déplacement fixée à 30 dinars l’heure. Ce tarif qui fait
office de prime de panier ne subvient même pas aux besoins de la
journée. Les services sédentaires ont, pour leur part, dénoncé le fait
de travailler 10 heures par nuit, six jours par semaine. En somme, les
cheminots en grève demandent l’application des dispositions prévues par
les conventions de branches, ainsi que la loi 90-35, de même que
l’article 06 du règlement intérieur de l’entreprise. Les concernés
affirment être en grève illimitée jusqu'à satisfaction des
revendications.
N. M.
La SNTF appelle à la reprise du travail
Dans un communiqué transmis à notre rédaction, la direction
régionale d’Alger de la SNTF appelle les grévistes à rejoindre leur
poste de travail. Le communiqué précise que le mouvement engagé n’a pas
pris en considération la réglementation en vigueur, à savoir l’absence
de doléances, revendications et préavis de grève. Le même communiqué
souligne que les grévistes ont procédé au blocage des voies ferrées
empêchant la sortie des locomotives. Une situation qui a induit la
perturbation du trafic ferroviaire dans la région algéroise.
N. M.
Une catastrophe évitée à Aïn-Defla
Le débrayage des conducteurs a conduit au recours à un personnel
d’appoint pour faire assurer le service minimum. C’est ainsi que le
train N° 1002 n’a pas observé la consigne d’arrêt au niveau de la gare
Roumana entre Aïn-Defla et El Attaf. C’est ce qu’ont déclaré les
cheminots grévistes qui affirment que ce qui s’est passé est très
dangereux car cette gare a une voie unique.
N. M.