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Urgent !
Il n’a pas 17 ans. Il n’était pas brillant élève dans son école. Il n’a pas
un visage d’ange. Il n’a pas non plus un visage de démon. Il a le visage qu’a
décrit ce témoin à Zerhouni : «Tu le vois, tu ne te dis pas !». Ben oui ! L’un
des kamikazes, un homme de plus de 50 ans, a le visage de tout le monde. Il a
surtout l’allure du bon papy, père et grand-père de famille peinard, de ceux que
vous croisez tous les jours, sur le chemin du marché ou sur un banc public à
chauffer ses rhumatismes au soleil. Sur la photo, ce papy, répondant au doux nom
de Aâmi Brahim, tient un kalachnikov et affiche un regard déterminé. Tout le
contraire de ces «résidus» de terrorisme, ces bandes d’égarés qui agiraient en
dehors de toute idéologie comme la version officielle tente de nous les
présenter à chaque fois. Mardi encore, le soir même du double attentat, le
ministre de la sécurité publique a affirmé que ce genre d’attentats prouve la
faiblesse des groupes terroristes. Le type même d’absurdité qui vous réveille à
9h 42mn, un 11 de n’importe quel mois avec une gueule de bois d’enfer. Juste
parce que vous ne comprenez pas que des mecs qui agissent sans idéologie, de
minables coupeurs de route déguenillés et pouilleux puissent planifier aussi
minutieusement leurs opérations, les synchroniser avec une précision à faire
pâlir de jalousie un joaillier suisse et réduire en cendres et en poussière l’un
des centres diplomatiques de la capitale. Avant le manque de vigilance
citoyenne, il y a l’arnaque au «terrorisme agonisant». On ne peut plus, en 2007,
à l’heure du terrorisme global, continuer de gérer les maquis comme on le
faisait du temps de Napoli, de Flicha, du GIA ou de l’AIS. Le temps des tangos
aux doigts coupés et enduits de henné et qui fondraient à dos de cheval sur
Alger est révolu. Certes. Mais il a laissé place aux temps actuels, ceux des
bonnes bouilles de papy ou d’écoliers modèles, les messieurs tout-le-Monde. Ces
quidams que l’on aiderait presque à traverser la rue ou à faire leurs devoirs.
S’ils nous en laissaient le temps. Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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