dimanche 16 décembre 2007
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LA VICTIMISATION DES BOURREAUX !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Après l’attentat qui a visé le Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU, les étrangers décident de rester.» 

Les Algériens, c’est moins sûr !

Auriez-vous des mouchoirs en papier ? J’en ai grand besoin ! Pas un ou deux. Mais une bonne grosse cargaison de mouchoirs en papier tant le flot de larmes qui me submerge est immense et ininterrompu. Comment voulez-vous faire autrement que de pleurer tout votre saoul devant cette manière qu’ont certains de nous présenter les deux kamikazes du 11 décembre dernier ? Entre deux larmes, j’en suis même arrivé à me demander qui étaient les véritables victimes du double attentat. Les 37 morts et 200 blessés ou les deux zigs péteurs de bombes ? Ca a d’abord commencé avec le petit nom sympa du vieux tango. Aâmi Brahim ! Ben merde alors ! Voilà que nous commençons à donner du «aâmi» à un tueur ! Moi, mes oncles, je les connais. Ils n’ont peut-être pas que des qualités, mais ils ne font pas exploser tout un pâté de maisons. Et si par malheur et damnation sur ma famille, ils le faisaient un jour, ils ne seraient plus mes oncles. Ils ne feraient plus partie de ma famille. Point barre ! Ensuite, nous avons eu droit à toute une bordée d’explications biscornues, incongrues et limite injurieuses pour les victimes des deux attentats. Du genre : «Le vieux de 67 ans se savait condamné par un cancer, il n’avait donc plus rien à perdre !» ou encore «marginalisé, méprisé dans le maquis, il a voulu montrer ce qu’il valait vraiment» ou encore «c’est l’ignorance et l’acculturation qui les ont poussés à devenir des bombes humaines.» Je crois rêver ! Ou plutôt cauchemarder. Voilà qu’après nous avoir familiarisés avec les tueurs en nous les faisant appeler par leur sobriquet, on nous invite gentiment et affectueusement à nous apitoyer sur leurs parcours. Je ne pensais pas être convié, moins d’une semaine après le mardi noir, à une veillée funèbre à la gloire des kamikazes ! Je croyais très sincèrement que les seules larmes à verser devaient l’être sur les tombes des victimes des attentats à la bombe. Je découvre aujourd’hui, effaré, qu’en plus de nous obliger par référendum bidouillé à pardonner aux tangos vivants, on nous demande maintenant de compatir avec les familles des kamikazes qui s’explosent. Encore un effort dans cette voie-là, et l’on finira bien par nous faire admettre comme normal de recouvrir les cercueils des terroristes avec le drapeau. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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