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«Après l’attentat qui a visé le Haut Commissariat aux
réfugiés de l’ONU, les étrangers décident de rester.»
Les Algériens, c’est moins sûr !
Auriez-vous des mouchoirs en papier ? J’en ai grand besoin ! Pas un ou deux.
Mais une bonne grosse cargaison de mouchoirs en papier tant le flot de larmes
qui me submerge est immense et ininterrompu. Comment voulez-vous faire autrement
que de pleurer tout votre saoul devant cette manière qu’ont certains de nous
présenter les deux kamikazes du 11 décembre dernier ? Entre deux larmes, j’en
suis même arrivé à me demander qui étaient les véritables victimes du double
attentat. Les 37 morts et 200 blessés ou les deux zigs péteurs de bombes ? Ca a
d’abord commencé avec le petit nom sympa du vieux tango. Aâmi Brahim ! Ben merde
alors ! Voilà que nous commençons à donner du «aâmi» à un tueur ! Moi, mes
oncles, je les connais. Ils n’ont peut-être pas que des qualités, mais ils ne
font pas exploser tout un pâté de maisons. Et si par malheur et damnation sur ma
famille, ils le faisaient un jour, ils ne seraient plus mes oncles. Ils ne
feraient plus partie de ma famille. Point barre ! Ensuite, nous avons eu droit à
toute une bordée d’explications biscornues, incongrues et limite injurieuses
pour les victimes des deux attentats. Du genre : «Le vieux de 67 ans se savait
condamné par un cancer, il n’avait donc plus rien à perdre !» ou encore
«marginalisé, méprisé dans le maquis, il a voulu montrer ce qu’il valait
vraiment» ou encore «c’est l’ignorance et l’acculturation qui les ont poussés à
devenir des bombes humaines.» Je crois rêver ! Ou plutôt cauchemarder. Voilà
qu’après nous avoir familiarisés avec les tueurs en nous les faisant appeler par
leur sobriquet, on nous invite gentiment et affectueusement à nous apitoyer sur
leurs parcours. Je ne pensais pas être convié, moins d’une semaine après le
mardi noir, à une veillée funèbre à la gloire des kamikazes ! Je croyais très
sincèrement que les seules larmes à verser devaient l’être sur les tombes des
victimes des attentats à la bombe. Je découvre aujourd’hui, effaré, qu’en plus
de nous obliger par référendum bidouillé à pardonner aux tangos vivants, on nous
demande maintenant de compatir avec les familles des kamikazes qui s’explosent.
Encore un effort dans cette voie-là, et l’on finira bien par nous faire admettre
comme normal de recouvrir les cercueils des terroristes avec le drapeau. Je fume
du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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