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«Situation sécuritaire. Fausse alerte à la bombe au siège du gouvernement.
Mais vraie alerte à la présence d’un dangereux islamiste
dans le bâtiment.»
Et ce n’est pas de la psychose !
Les scientifiques algériens et leurs confrères étrangers, appelés comme d’hab’
à la rescousse, sont perplexes ! Le phénomène ne s’explique pas. Du moins,
personne n’arrive à l’expliquer de manière rationnelle. En fin de semaine
dernière, une baleine de plusieurs tonnes est venue s’échouer sur une plage de
Skikda. Tous les efforts pour remettre à flots le gros mammifère sont restés
vains. Des notables et des sages de la région ont bien tenté de la convaincre
que la vie au large était plus agréable, rien ! Des petits futés lui ont projeté
le film du double attentat de mardi dernier, afin de lui montrer ce à quoi elle
s’exposait en venant en Algérie, rien ! Des encore plus futés lui ont mis devant
les yeux la photo de Belkhadem en tenue soudanaise, le jour de l’Aïd à la Grande
Mosquée d’Alger, rien ! On a même pensé à lui ramener des harragas sur le départ
pour qu’ils lui expliquent leurs motivations et le «pourquoi du comment du
c'est-à-dire que» de leur envie de se tailler d’ici, rien ! On est même allé
jusqu’à menacer le cétacé avec le filet social de Djamel Ould Abbès, rien ! La
grosse bébête est restée inflexible. En Algérie je suis, en Algérie, je veux
rester ! Devant l’entêtement de la baleine, les autorités sont passées au stade
supérieur. Elles ont procédé à un grand lâcher de baleines femelles au large des
côtes skikdies, à portée de sonar du mâle échoué. Des baleines femelles à faire
se pâmer de plaisir Moby Dick. Rien. C’est à peine s’il leur a répondu par un
léger sifflet et un maigre jet d’eau, marque polie mais retenue d’admiration.
Epuisées par leur parade amoureuse, les nanas baleines s’en sont allées dépitées
draguer dans les eaux territoriales italiennes, des eaux traditionnellement plus
chaudes. De plus en plus agacées, les autorités ont convoqué alors la plus
grande chouwafa de l’Est algérien. La dame a parlé de longues heures à l’oreille
de notre baleine. Elle faisait de grands gestes. Elle se frappait la poitrine et
s’arrachait les cheveux face au cétacé. Des témoins anonymes et d’autres
affiliés aux partis de l’Alliance présidentielle affirment avoir vu la baleine
bouger des lèvres et poser des questions à la chouwafa. Au bout de plusieurs
heures de ce conciliabule, les mêmes témoins ont assisté à un spectacle unique
dans l’histoire de l’échouage des baleines. Comme mu par une force invisible,
comme en proie à une crise d’hystérie, le cétacé s’est levé, a fait demi-tour
vers la mer et s’est enfui vers le large. Qu’a pu dire la chouwafa à la baleine
pour qu’elle s’en aille enfin, alors que même la photo de Belkhadem, les
témoignages des harragas, le film des derniers attentats et des mannequins
baleines n’avaient pas réussi à dissuader le cétacé ? C’est la question que je
vous pose. Les meilleures réponses, celles qui se rapprochent le plus de la
vérité seront publiées dans le journal de vendredi prochain. En attendant, fumez
du thé et restez éveillés, le cauchemar continue.
H. L.
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