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Le ministre de la Solidarité l’a annoncé : les habitants de Hydra,
dont les appartements ont été détruits par l’attentat du 11 décembre,
seront relogés à Aïn-Benian.
Nouveau coup dur !
Le wali d’Alger a poussé un cri du cœur l’autre jour :
«Il y a 40 000 bidonvilles dans la capitale !» Une fois les «oh !», les
«ahhhh !», les «ya bouguelb !», les «tutimagines !» lancés et les bouches
en cul de poule fermées, que faut-il faire devant ces 40 000 bidonvilles ? La
réponse logique voudrait que l’on ouvre les guillemets et que l’on écrive
ce qui suit : «Etant un pays riche, vraiment riche, absolument riche, l’Algérie
du pétrole à gogo doit reloger ces familles algériennes et toutes les
familles qui vivent en 2007 dans des bidonvilles», parenthèse logique fermée.
Ouverture de la grande parenthèse de mes peurs, à moi, rien qu’à moi,
celles qui m’appartiennent et dont je revendique la propriété : «J’ai
peur que l’on trace une bande bleue tout autour de ces 40 000 bidonvilles. J’ai
aussi peur que l’on élève une énorme et longue palissade faite de tôles
que l’on repeindra de couleurs vives, afin, comme cela avait été fait pour
la décharge publique de Oued S’mar lors du dernier Sommet arabe d’Alger, de
cacher cette misère aux yeux des étrangers. J’ai aussi peur de lire dans un
gentil journal que des itinéraires d’évitement vont être installés afin,
comme leur nom l’indique, d’éviter de laisser des curieux passer trop près
de ces 40 000 bidonvilles. J’ai aussi peur de lire dans un gentil journal
encore plus gentil qu’à la place des 40 000 bidonvilles 40 000 habitations
résidentielles seront réalisées avant fin 2008, en même temps que le million
de logements déjà promis, la photo finish déterminant lequel des deux
programmes sera arrivé en tête. J’ai aussi peur que l’on synchronise l’annonce
de l’éradication des 40 000 bidonvilles d’Alger et de tous les bidonvilles
d’Algérie avec l’annonce officielle d’un 3e mandat pour Abdekka. En fait,
j’ai peur que l’on fasse comme d’hab’ chez nous. S’attaquer à des
problèmes sérieux, dramatiques avec des pots de peinture, de la tôle ondulée
et des tonnes de mauvaise foi. Mais bien évidemment, ce ne sont là que mes
peurs. Elles sont rien qu’à moi. Elles m’appartiennent. Excusez-moi de vous
les avoir fait partager le temps d’une longue parenthèse. Fermée. Je fume du
thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
P. S. : Ce 20 décembre était jour de fête. Pas pour la famille Salhi.
Le 20 décembre ne peut plus être jour de fête depuis quelques années déjà.
Je m’associe aux Salhi pour évoquer le souvenir de leur fils Ikmel, jeune
officier parachutiste tué en service commandé par l’Algérie. Assassiné par
les nouveaux protégés de l’Algérie oublieuse et complice des assassins de
tous les Ikmel de cette terre. Repose en paix, petit frère.
Le fumeur de thé
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