mercredi 26 décembre 2007
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Actualités : LA CHAÎNE FERMERA BIENTÔT SES MAGASINS
Adieu Districh


La direction générale de Districh, distributeur public de la chaussure et de la maroquinerie, a décidé, avant-hier, d’une indemnité de l’ordre de 30 mois de salaire plus 25 % de cette somme en contrepartie du départ volontaire de ses 300 travailleurs. Ces derniers rejettent catégoriquement cette décision puisque personne ne veut partir selon leurs représentants. En d’autres termes, c’est un départ forcé entraîné par la fermeture «injuste» des magasins de cette société.
«La direction générale a pris unilatéralement une décision portant le départ volontaire de tous les travailleurs. Autrement dit, l’Etat nous a forcés à partir par la fermeture pure et simple de notre société et ce, en contrepartie d’une indemnité de misère. En réalité, personne ne veut partir. Comment se fait-il qu’ils le qualifient de départ volontaire ? Toutes nos revendications sont restées lettres mortes. Personnellement, je n’irai nulle part. Coûte que coûte, je reste ici ! Qu’est ce que je peux faire pour nourrir mes enfants ?» Voici les propos d’un vendeur de Districh, abordé dans l’un des 6 magasins de ce distributeur de la chaussure et de la maroquinerie, implantés à travers la ville de Constantine. Une position partagée par ses collègues qui craignent la misère suite à cette décision qui concerne plus de 300 travailleurs à l’échelle nationale, lesquels gèrent une chaîne de 120 magasins. Le gérant de ce magasin a précisé que la direction de cette société a calculé l’indemnisation sur la base de 15 années de travail. C’est-à-dire, explique-il, le salaire de poste de 30 mois plus 25 % de cette somme. A titre d’exemple, le vendeur dont le salaire de poste ne dépasse pas les 12 000 DA, touchera une indemnité d’environ 450 000 DA. «Le net que je perçois est de l’ordre de 15 000 DA après 30 ans de service. Je suis père de 5 enfants. J’arrive, en tout cas, à me débrouiller avec ce salaire de misère mais, que puis-je faire pour les nourrir après ce 31 décembre en tant que chômeur ? Je tends ma main pour leur assurer le pain ? D’ailleurs, que peut m’apporter cette somme de 45 millions de centimes ?» s’interrogera un autre vendeur du même magasin. Ces jours-ci, ces vendeurs continuent de liquider les anciens stocks parce que, la direction de cette société a cessé, soulignent-ils, en juin dernier d’approvisionner les magasins en marchandises. Ils avoueront, par ailleurs, qu’ils continuent, heureusement, de recevoir leurs salaires quoiqu’ils souffrent des perturbations dans les virements. Ils reconnaîtront également que le chiffre d’affaire de cette chaîne a enregistré, lors des dernières années, des reculs en raison de la concurrence de la filière chinoise. Cependant, ils affirment que Districh a récupéré beaucoup de ses clients, outrés par la mauvaise qualité des produits made in China et que leur société «peut reconquérir ses parts dans le marché algérien si ce n’est cette volonté à fermer les magasins». En fait, les travailleurs revendiquent la cession des biens de la société en leur faveur ou une indemnisation respectable. «Nos magasins sont bien placés à travers toutes les villes et sont d’une valeur très enviable. Le magasin d’en face, qui est à peu près similaire au nôtre, est loué à hauteur de 30 millions de centimes par mois. Notre magasin vaut plus de 10 milliards de centimes (100 m2, deux niveaux et en plein centre-ville) et cette somme peut dédommager gracieusement tous les travailleurs de l’unité de Constantine» se plaint un vendeur avant de préciser que les travailleurs réclament une indemnité de 300 millions de centimes. Il est à rappeler que cette chaîne de distribution a été créée juste après l’indépendance en vertu de la nationalisation des magasins André et Bata. Ces magasins ont gardé leur vocation dans le cadre de l’entreprise publique de production et de commercialisation de la chaussure et de la maroquinerie (SONIPEC) qui a été fractionnée en trois entités dans le cadre des restructurations des entreprises publiques dans les années 1980 à savoir, l’EMAC (manufacture des chaussures), l’ENIPEC et SOCOP (traitement des peaux et manufacture de la maroquinerie) et Districh (distribution de la chaussure et de la maroquinerie). Cette dernière vient donc de boucler la liste des filières dissoutes de SONIPEC.
Lyas Hallas

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