Les déclarations de Temmar ne sont pas pour étonner. Effectivement, l’Etat n’a plus d’argent. Lors d’une discussion, un ami, plutôt versé dans la gestion des grands projets, m’a expliqué, il y a plus d’un an, que l’argent gagné dans le pétrole était déjà dépensé et que l’Etat n’avait plus d’argent. Vous comprendrez, qu’immédiatement, je lui demande de s’expliquer plus car j’avais déjà entendu des affirmations pareilles en d’autres circonstances sans avoir les conditions pour approfondir. Lumineuse ! Son explication était lumineuse. De mémoire, il me restitua la plus grande partie des projets inscrits dans le plan de relance économique puis dans le plan de consolidation de ce même plan. Nous avons payé la dette par anticipation, mis 11 milliards dans l’autoroute Est-Ouest, prévu de mettre dans un transfert d’eau dans le Grand Sud 7 milliards de dollars, la rénovation du rail pour 3 milliards de dollars, le logement pour je ne sais combien de dollars et ainsi de suite... Je n’ai pas tout en tête et il vaut mieux que vous preniez la peine de vérifier. Il faut toujours vérifier. Le principal n’est pas que je me trompe sur un détail mais de vérifier si les projets engagés vont engloutir ou non l’argent du pétrole, pratiquement par anticipation. Résultat : les dépenses engagées atteignaient le montant de deux ou trois plans Marshall, les fameux 124 milliards de dollars mis dans la balance et dont nous n’avions que 70 ou 80 en réserve. Et donc, continue mon ami, l’argent dans les réserves étant engagé et au-delà de tes disponibilités immédiates, tu ne l’as plus. Ce n’est plus ton argent mais celui des multinationales avec qui tu as signé les contrats. Tu as de l’argent mais il est déjà dépensé. Est-ce que l’Etat a, au moins, bien dépensé l’argent ? Pas du tout ! La dépense est restée publique et dans des projets dont un expert a dit, dans une ancienne édition d’ ElWatan, qu’ils aboutiraient à l’équation «fin de chantier = fin du travail», car seul l’investissement dans la production (industrie, agriculture, services, etc.) pouvait créer des emplois durables. Ce ne fut pas l’option du pouvoir, accroché à l’espoir d’un afflux massif des IDE qui n’arrivèrent que pour le pétrole et le gaz. Pourquoi les multinationales se fatigueraient- elles à investir quand on leur offre sur un plateau un tel pactole ? Il leur suffit de venir prendre l’argent ! Le choix des grands projets est également celui qui permet le moins de contrôle sur les dépenses et ouvre toutes grandes les portes des appétits. Ces grands projets réservés aux multinationales n’ont pas avancé d’un iota nos savoir-faire. Alors quand Temmar dit, que l’Etat est pauvre, il faut le croire sur parole. Le problème est que ce résultat est le sien. Il avoue que les prévisions de Benbitour se sont confirmées avant terme : les orientations de ce pouvoir enrichiront nos «partenaires» et appauvriront l’Algérie. L'Etat a mangé notre blé en herbe ! C’est déjà fait et Temmar l’avoue. M. B.
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