Le remaniement, annoncé par le directeur général de la Sûreté nationale, M. Ali Tounsi, lors de sa dernière sortie médiatique, est attendu au cours de cette semaine, soutiennent des sources concordantes. Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Ces dernières indiquent que les
premiers changements, qualifiés «d’importants» toucheront d’abord les
structures de police situées dans les wilayas du centre du pays. Il
s’agit notamment des Sûretés des wilayas d’Alger, de Bouira, de
Boumerdès et de Tizi- Ouzou. L’intérêt porté à ces wilayas est perçu à
la fois comme «prioritaire et urgent». La cause ? La situation
sécuritaire enregistrée ces derniers temps et notamment depuis les
attentats du 11 décembre dernier en constituent la raison principale. Ce
choix s’explique, également, par le fait que c’est au niveau du centre
du pays que le plus grand nombre d’attentats terroristes a été
enregistré. C’est également au niveau de cette région que sont
enregistrées d’intenses activités terroristes du GSPC. A première vue,
le changement que la Direction générale de la Sûreté nationale veut
introduire au niveau desdites structures se veut comme un
«redéploiement» et une «exploitation appropriée» des capacités humaines,
dont elle dispose au niveau de ces wilayas. Le but recherché, sans aucun
doute, est celui d’une «coordination» plus efficace entre les différents
services, notamment ceux ayant en charge la gestion du renseignement et
de l’opérationnel.
Combiner entre les Sûretés de wilaya du Centre
A ce titre, il y a lieu de rappeler que le directeur général de la
Sûreté nationale avait lancé à l’adresse des cadres de la Sûreté de
wilaya d’Alger, lors de la rencontre qui a eu lieu au niveau du siège du
8e groupement des Unités républicaines de sécurité (URS) de Kouba, qu’il
est «attendu de nouvelles dispositions, mais également un grand
mouvement au sein des rangs de la Sûreté nationale», d’où la question de
savoir si la DGSN innovera en la matière en décidant de mettre en place
une structure provisoire voire un genre de P.C (poste de commandement)
qui aura la charge de «coordonner» voire «combiner» entre les quatre
Sûretés de wilaya dans le domaine de lutte anti – terroriste. Cette
approche est des plus plausibles sachant que les derniers attentats
perpétrés dans la capitale étaient alimentés à la source à partir des
maquis du GSPC disséminés à travers ces wilayas. Ajoutez à cela, le mode
opératoire des attentats du 11 décembre dernier qui était le même que
celui perpétré le 11 avril 2007, qui ont ciblé le Palais du gouvernement
et un commissariat de police situé à Bab-Ezzouar. Les moyens utilisés :
des véhicules bourrés d’explosifs. La même méthode a été utilisée le 11
juillet dernier, soit trois mois plus tard, contre une caserne de
l’armée à Lakhdaria dans la wilaya de Bouira. L’attaque suicide s’est
soldée par la mort de dix militaires et de 35 blessés. L’arme du crime :
Un camion frigorifique chargé d’explosifs. Une stratégie identique à
celle employée dans le double attentat du 11 décembre dernier. En effet,
contre le siège du Conseil constitutionnel et le siège du Pnud (ONU),
les terroristes du GSPC ont utilisé des camionnettes-citernes pour
commettre leur forfait. Des observateurs s’accordent à dire, par
ailleurs, que la Direction générale de la Sûreté nationale compte
introduire d’importants changements dans les différentes structures en
charge de la question du renseignement considérée comme le premier outil
de la lutte anti-terroriste.
Renforcement du renseignement
C’est dans cette optique, qu’il est attendu, dit-on «des changements
importants» au niveau des renseignements généraux et ce, tant sur le
plan humain que sur les capacités opérationnelles, vu que l’objectif
recherché est de capitaliser au maximum la stratégie mise en place par
la Sûreté nationale en l’occurrence la notion de «police de proximité».
Une approche lancée depuis quelques années par la DGSN et dont
l’objectif était celui de rapprocher davantage la police du citoyen. En
termes sécuritaires, la DGSN avait fixé aussi comme objectif la
«pénétration» des quartiers considérés comme «chauds» dont sont
originaires les auteurs des derniers attentats kamikazes. Côté police
judiciaire, il n’est pas exclu que des changements importants
interviennent tant au niveau des sûretés urbaines et de daïras relevant
des Sûretés des wilayas de Boumerdès et d’Alger. Enfin, au niveau de la
capitale, les trois divisions de police judiciaire (Est - Centre -
Ouest) qui ont, jusque-là, donné selon nos sources «des résultats
probants verront leurs prérogatives renforcées, de sorte à bénéficier de
la même marge de manœuvre» dont avait bénéficié durant les années 1990
la défunte ONRB (Office national de répression du banditisme). Ceci
étant, en attendant que les mesures évoquées par M. Ali Tounsi entrent
en vigueur, il est important de signaler que de nouvelles mesures
sécuritaires ont vu le jour depuis les attentats du 11 décembre. Ainsi,
des postes de contrôle et autres barrages de police ont été dressés dans
des lieux qui auparavant n’étaient pas touchés.
A. B.
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