dimanche 30 décembre 2007
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L'OR SE BARRE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«L’Etat n’a plus d’argent !» Cette déclaration de Abdelhamid Temmar, ministre de la République et donc pas un rigolo, quelqu’un qui sait, forcément, m’a plongé dans une profonde perplexité. Depuis que j’ai entendu cette sentence terrible, j’ai tout abandonné. Femme, enfants, domicile et amis. Je me suis enfermé au journal, et depuis, j’essaie de comprendre. Comment un Etat pétrolier qui claironne sur tous ses toits dorés qu’il vend son pétrole et qu’il le vend cher, que ses réserves de devises flirtent de manière cochonne avec la barre des 100 milliards de dollars en arrive à nous dire aujourd’hui «je n’ai plus de blé» ? Et plus je me penche sur ce casse-tête, plus je gamberge, plus les pistes s’embrouillent. Au début, j’ai pensé à des rongeurs. Des rats ! Des rats, hachakoum ! Des millions de bestioles se seraient réunies sous une seule bannière et auraient attaqué les sous-sols de la Banque d’Algérie. Car, c’est connu : lorsque le rat algérien est affamé, il pense immédiatement à aller se restaurer dans les réserves de change. Ensuite, j’ai pensé à une inondation, un tsunami. Mais un tsunami très localisé. Il n’aurait submergé que l’endroit où est entreposé l’argent du pays. Partout ailleurs, personne ne l’a ressenti. Il n’a été signalé par aucun instrument de mesure. Il a juste déferlé sur la banque, a littéralement avalé tout le blé de la République et s’est ensuite retiré sans demander son reste, sans attendre la petite monnaie. Ensuite, j’ai pensé au python d’El-Harrach. Eh ouais ! Jusqu’à preuve du contraire, personne ne l’a retrouvé. Personne n’a la preuve que le reptile serait mort. Pourquoi s’interdire alors de penser que la bête se serait discrètement éclipsée du quartier d’El- Harrach pour aller humer l’air du quartier des banques ? Et un python, ça bouffe ! J’ai vu des documentaires sur la 5e où l’on montre un python en train d’avaler une vache entière. Alors, pourquoi pas les caisses de l’Etat, je vous le demande ? Voilà où j’en suis ce matin dans ma cogitation sur le mystère de la disparition soudaine du magot, de la cagnotte, de la «hassa». Si, de votre côté, vous avez des réponses ou des propositions à formuler pour résoudre cette déconcertante énigme, envoyez-les à ce pauvre Monsieur Temmar. La dernière fois où je l’ai vu, il levait les bras au ciel en signe d’impuissance et semblait encore plus perdu que «notre» argent. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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