Les sous-traitants locaux de l’organisation génocidaire El Qaïda ont une nouvelle fois frappé pour semer mort et désolation. Les terroristes du GSPC Al Qaïda Maghreb ont ciblé le commissariat de la ville de Laâziv à environ une quarantaine de kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya de Boumerdès. Dans la matinée glaciale d’hier, il était 6 heures 50 minutes lorsque la déflagration a été entendue à plusieurs kilomètres. La bombe qui a explosé était dans une camionnette de marque Toyota type Hilux. Le véhicule était conduit par un terroriste kamikaze. «Au vu de l’impact du souffle et de l’ampleur des dégâts elle pesait probablement plusieurs centaines de kilos» nous a confié un officier de police qui précise que celle-ci a été confectionnée avec principalement de l’ammoniaque. Cette bombe a été déclenchée à moins de 10 mètres du commissariat situé dans la rue Bennour Ali qui aboutit aux sièges de la daïra, de l’APC, de la brigade de gendarmerie et de la cité des 60 logements. Les obstacles installés par les policiers ont empêché le suicidaire de se rapprocher davantage de leur bâtisse. L’explosion était, en effet, d’une telle violence qu’elle a creusé un cratère d’environ 3 mètres sur 3, d’une profondeur de plus d’un mètre. Seules quelques pièces, complètement déchiquetées et le moteur restaient de la Toyota porteuse de l’engin explosif, ont été ramassées par l’équipe de la police scientifique. A priori, aucune trace du terroriste kamikaze n’a été trouvée vers 10 heures. Fort heureusement le lieu de l’explosion, la place principale de la municipalité, est spacieux donnant plus d’espace au souffle. Malheureusement, le bilan est toutefois assez lourd. Les responsables de la santé de la wilaya de Boumerdès ont arrêté, vers 11 heures du matin, un premier bilan faisant état de 4 policiers tués. Trois sont décédés sur place et le quatrième a succombé à ses blessures lors de son transfert vers l’hôpital de Bordj- Menaiel. Les services hospitaliers ont recensé également 23 blessés dont 6 policiers. «Certains blessés sont dans un état assez grave» nous dit le docteur Naâmani Mohamed, Directeur de la santé et de la population de la wilaya qui a effectué un déplacement pour superviser les opérations de prise en charge des blessés. Il y a lieu de noter que deux policiers tués tenaient, selon ce que nous ont dit les citoyens, un barrage à quelques dizaines de mètres de leur commissariat. «Après l’explosion, j’ai vu des citoyens ramasser les deux klashs des policiers décédés pour les remettre à la police», affirme un citoyen qui habite dans une rue voisine. «Heureusement que c’est les vacances scolaires et universitaires sinon on aurait eu beaucoup de victimes. Et pour cause, des centaines d’étudiants attendent chaque matin leurs bus pour rejoindre les universités de Tizi-Ouzou, Boumerdès ou celle d’Alger», estiment plusieurs citoyens. Cet attentat a causé, en outre, des dégâts importants au commissariat et toutes les bâtisses situées autour de la place. Tous les murs des façades des trois étages du commissariat ont été détruits. Le café et un magasin d’électroménager, situés en face de la structure policière ont été partiellement détruits. Un peu plus loin les classes de l’école primaire Ibn-Badis et le CEM Achaibou ont subi d’importants dégâts. Au domicile des Bouaya, un mur d’intérieur, des fenêtres et des portes d’intérieur ont été soufflés et détruits. Un jeune qui a ouvert une pâtisserie au rez-de-chaussée de la villa des Bouakline, constate qu’il ne reste plus rien de son modeste commerce. La famille Nabah a non seulement subi des dégâts importants mais elle a également déploré deux blessés. Le jeune Anis 12 ans a, en effet, été atteint gravement à son œil. Concernant la prise en charge des familles touchées, le chef de la daïra s’est engagé à prendre quelques logements d’un projet fini pour recaser ces familles. «Je pense que nous pourrions faire face à cette situation» nous a-t-il dit. Pour revenir à l’acte criminel, des citoyens nous ont confirmé que le véhicule du kamikaze est venu du sud du centre-ville. Il a été vu par les fidèles qui sortaient de la prière du Fadjr dans le quartier dit «La Cave». Le kamikaze avait probablement pris le CW numéro 171 en partant de la ville de Laâziv, cette route passe par le village de Bouassem avant d’aboutir 16 kilomètres plus loin, aux villages et hameaux du massif de Sidi-Ali-Bounab. Selon nos interlocuteurs, la Toyota a été escortée de deux véhicules de tourisme de type Clio, qui seraient immatriculés dans la wilaya de Tizi- Ouzou. Il y a lieu de noter la venue des autorités civiles, militaires et sécuritaires, à leur tête Monsieur Bédrici Ali et le nouveau P/APW, Si Youcef Mokhtar, le commandant du secteur militaire, sur les lieux, les uns par solidarité avec les victimes, les autres pour accomplir leurs tâches habituelles. Du côté des services de sécurité notamment la police, dont les principaux responsables de la wilaya étaient sur les lieux, et les centaines de citoyens de la commune rassemblés autour de la place ont gardé un grand calme. Il n’y a ni scène de panique ni énervement de la part des agents de l’ordre. Ce qui a permis aux journalistes, qui ont effectué le déplacement, de travailler dans le calme. Concernant les commanditaires de ce nouvel acte barbare, les observateurs n’hésitent pas à faire le parallèle avec l’attentat qui a ciblé l’unité des gardes-côtes de la ville de Dellys en septembre 2007 pour l’attribuer à la sinistre katibat el ansars que commande un certain Bentouati Ali dit Amine, qui a remplacé Saâdaoui Abdelhamid alias Abou Haythem. Les responsables sécuritaires à qui nous avions posé la question, n’excluent pas pour l’heure cette hypothèse. L. H.
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