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Kenya. Après les émeutes qui ont suivi une élection présidentielle
marquée par une fraude massive, l’Algérie propose son aide.
Nairobi décline.
La situation est déjà assez explosive comme ça !
Maintenant que le cerveau de l’attentat du 11 avril 2007 contre le Palais du
gouvernement a été arrêté, mis au frais, que va-t-on en faire ? Nous n’avons que
l’embarras du choix ! Il suffit juste de consulter les bonnes personnes. Madame
Samira, auteur du succulent «La cuisine algérienne en 100 recettes» propose de
découper le cerveau en fines lamelles, de l’arroser de quelques gouttelettes de
vinaigre de citron, de l’assaisonner avec une très légère pincée de sel fin,
afin de ne pas tuer le goût, et de présenter sobrement sur une assiette, avec
une petite feuille de menthe pour agrémenter visuellement l’ensemble. Kaddour, 4
étoiles au guide Machin et auteur du best-seller «La cuisine algérienne, d’Alger
à Tam et d’El Kala à Maghnia», propose lui une recette plus relevée, moins
light. Le cerveau en purée. Pour ce plat, il faut d’abord passer le cerveau au
hachoir. La pâte ainsi obtenue doit être ensuite mixée pendant dix bonnes
minutes, avant de la rouler en petites boules fines farcies avec du piment
rouge, du gingembre, de la coriandre et une giclée d’aromates concentrés. Les
boules seront ensuite recouvertes d’un coulis de velouté de champignon agrémenté
d’une demi-gousse d’ail blanc. Evitez l’ail industriel, en poudre, il se marie
difficilement avec les champignons. Madame Hassina, mère au foyer et cordon-bleu
autodidacte reconnu dans son quartier, mais n’ayant pas encore publié, nous a
fait parvenir une autre manière d’accommoder le cerveau. Le bourek au cerveau.
Pour cette recette, il faut d’abord choisir des feuilles de bourek faites maison
et à la texture fine et diaphane. Le cerveau doit être préalablement cuit à la
vapeur, afin de l’alléger de toutes ses graisses inutiles. Ensuite, il faut
l’écraser avec le dos d’une cuillère et le débarrasser de tous les résidus
filamenteux qui dénaturent le goût d’ensemble. Une fois le cerveau
convenablement aplati, l’enduire de margarine à 0% de cholestérol, rajouter un
peu de sel marin, une bonne pincée de poivre blanc (moins agressif que le noir
pour l’estomac), un brin de romarin, laisser mariner un petit quart d’heure dans
une sauce aigre-douce, sortir délicatement, passer au filtre, laisser reposer
deux à trois minutes, puis cuire à la volée, sur un feu mi-doux mi-fort, en
prenant soin de retourner fréquemment le cerveau afin qu’il ne brûle pas trop
vite. Et pour finir, envelopper le tout dans les feuilles de bourek. A l’aide
d’un pinceau de cuisine, vous pouvez ajouter une mince couche d’huile végétale
afin de raffermir les contours du bourek lors de la cuisson finale. Voilà
quelques recettes pour préparer le cerveau. Il en existe quantités d’autres. Il
y a mille et une manières de mitonner un cerveau lorsqu’on en a un sous la main.
Il suffit juste de laisser libre cours à son imagination. Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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